Théâtre

La colline : une saison 2010/2011 sous le signe de la transgression

04 mai 2010 | PAR Christophe Candoni

Stéphane Braunschweig, entouré de nombreux metteurs en scène, a présenté hier soir le programme des spectacles à venir à la Colline pour l’année 2010/2011, sa deuxième saison à la tête du théâtre. 9 500 abonnés ont suivi la première saison proposée par le directeur qui se félicite de la vitalité du théâtre public et de la « vraie curiosité pour un théâtre qui donne du sens » de la part du public qui répond présent. A travers l’imaginaire des artistes et leur création à l’affiche de la prochaine saison, Stéphane Braunschweig souhaite porter à la scène la question de la transgression, donner à voir sur le plateau des personnages qui sont des briseurs de la norme, qui portent en eux des « coups de canif dans le tissu du politiquement correct » a-t-il expliqué à l’assistance fort nombreuse à qui il propose de réfléchir également sur l’héritage et les effets des utopies bâties dans les années 70.

Sa programmation s’annonce exigeante et prometteuse dans la mesure où elle vise à mettre en avant une nouvelle génération d’auteurs contemporains européens jusqu’ici inconnus en France.

La saison débutera par la reprise de « Notre terreur », la création collective de Sylvain Creuzevault et ses acteurs de « d’ores et déjà », nommée aux Molières cette année. Puis nous découvrirons de jeunes auteurs comme Simon Stephens (« Pornographie » mis en scène par Laurent Gutmann) dont le Théâtre du Rond-Point proposera également une pièce et Dennis Kelly (« Occupe-toi du bébé » monté par Olivier Werner) qui sont deux jeunes anglais jamais joués en France auxquels s’ajoute une jeune auteure allemande Anja Hilling pour la pièce « Bulbus ». D’autres plumes déjà plus confirmées par le succès littéraire viendront compléter cette large place qu’occupe l’écriture dramatique contemporaine, celle de Marie Ndiaye (sa nouvelle pièce « Les Grandes personnes » sera présentée dans une mise en scène de Christophe Perton avec Evelyne Didi et Vincent Perez) et Jean-Charles Massera (« Que faire ? (le retour) par Benoît Lambert).

On suivra aussi le travail du bulgare Galin Stoev que l’on commence à bien connaître à Paris notamment grâce à ses mises en scène controversées à la Comédie-Française. Il monte cette année « Danse Dehli » d’Ivan Vipirev, encore un auteur vivant et peu connu, russe cette fois qu’il a déjà monté et qu’il considère comme un « fou furieux ».

L’un des évènements de la saison sera la mise en scène de « Lulu » par Stéphane Braunschweig. Après
« l’Eveil du Printemps » présenté cette saison, dont la mise en scène de Guillaume Vincent a divisée les amateurs de l’auteur, Wedekind revient à l’affiche avec une nouvelle adaptation resserrée de son œuvre majeure assurée par le metteur en scène lui-même qui compte travailler sur le thème du fantasme et sur la frontière entre l’effroi et le rire. Chloé Réjon interprètera le rôle titre accompagnée par d’autres acteurs fétiches de Braunschweig : Philippe Girard, Claude Duparfait…

Une autre figure importante du théâtre subventionné sera présente en fin de saison, Christian Schiaretti, un habitué de la Colline, montera deux pièces de Strinberg, « Mademoiselle Julie » et « Créanciers » en suivant le principe qu’avait imaginé Braunschweig cette saison pour ses mises en scène d’Ibsen. Les pièces peuvent se voir de façon autonome ou à la suite lors de représentations intégrales. Wladimir Yordanoff qui avait triomphé dans son « Coriolan » sera dans les deux pièces.

Les artistes associés à la saison sont toujours Daniel Jeanneteau et Marie-Christine Soma qui, après « Ciseaux, papier, caillou » présenteront leur deuxième création « Bulbus », puis Célie Pauthe  donnera « Long voyage du jour à la nuit » d’Eugène O’Neill avec Valérie Dréville.

On pourra assister à deux spectacles étrangers en tout début de saison : « Where were you on January 8th ? » de Amir Reza Koohestani, en persan surtitré et « Factory 2 » qui constitue un moment important de la saison car il marque le retour à Paris du grand metteur en scène polonais Krystian Lupa et son imposante troupe pour seulement 3 représentations.

La programmation complète de la saison 2010/2011 de la colline :

Une Petite Pause Interview de Pascal Sangla « Je me sens mieux sur scène qu’ailleurs »
Wild General Elektriks à l’Olympia
Christophe Candoni
Christophe est né le 10 mai 1986. Lors de ses études de lettres modernes pendant cinq ans à l’Université d’Amiens, il a validé deux mémoires sur le théâtre de Bernard-Marie Koltès et de Paul Claudel. Actuellement, Christophe Candoni s'apprête à présenter un nouveau master dans les études théâtrales à la Sorbonne Nouvelle (Paris III). Spectateur enthousiaste, curieux et critique, il s’intéresse particulièrement à la mise en scène contemporaine européenne (Warlikowski, Ostermeier…), au théâtre classique et contemporain, au jeu de l’acteur. Il a fait de la musique (pratique le violon) et du théâtre amateur. Ses goûts le portent vers la littérature, l’opéra, et l’Italie.

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