Théâtre

L’Etudiante et Monsieur Henri : Petits arrangements en famille

L’Etudiante et Monsieur Henri : Petits arrangements en famille

26 septembre 2012 | PAR Geraldine Lance

C’est au Petit Théâtre de Paris que vous pourrez avoir le plaisir de découvrir la troisième pièce d’Ivan Calbérac sur les planches parisiennes.

L’histoire, c’est celle d’un octogénaire veuf et pour le moins misanthrope contraint par son fils de louer une chambre de son appartement à une étudiante. Le retraité va alors user de sa locataire pour tenter de se débarrasser de sa « bru », entendez sa belle fille qu’il ne supporte pas…

Au cœur de ce scénario fort bien ciselé, l’auteur traite, avec une redoutable efficacité comique, mais aussi avec style, subtilité et justesse, des rapports parents-enfants et plus largement des rapports intergénérationnels, du couple, de sa fragilité, de nos choix de vie, de nos doutes, de la fin de vie.
C’est écrit avec une intelligence, une malice, une allégresse communicatives. Le texte est drôle. Cela va vite. Il y a une foule d’informations qui nous sont données, mine de rien, au fil des conversations, des rencontres, des scènes qui se succèdent rapidement et dont aucune n’est inutile.

On passe par des sentiments contrastés. Parce que les personnages sont contrastés. Monsieur Henri est-il un méchant homme ? Il l’est, dans certains de ses comportements. Mais c’est bien plus compliqué, évidemment. Et son fils ? Une victime d’un père écrasant ? Oui…mais. Et sa femme ? Une nunuche qui trouve tout « magnifique ». Ou une femme au coeur pur, croyante, digne, cachant son chagrin de ne pas avoir d’enfant ? Et la jeune fille ? Une nonchalante, elle aussi un peu écrabouillée par son père ? Ou une jeune qui se cherche et n’ose pas formuler ses désirs profonds ?

Mais ces dialogues si bien écrits ne seraient rien sans la galerie de personnages pittoresques. Roger Dumas, la « tête à claques » du cinéma français, joue à merveille le veuf aigri et acariâtre, Un Roger Dumas exceptionnel de malice, qui fait le nouveau pari de jouer une pièce originale.
A ses côtés, la jeune première, Claudia Dimier, étudiante à la fois paumée et battante, révèle un jeu subtil. Très belle prestation. Enfin le couple improbable formé par Sébastien Castro et Lysiane Meis est un vrai régal.? Ne cédant jamais à la caricature, l’auteur nous offre d’un côté un fils comptable, pas doué pour le bonheur car étouffé par la personnalité du père et de l’autre, une épouse, dévouée aussi exceptionnellement excessive que naïve.

Vous l’aurez donc compris, c’est sans réserve que nous vous incitons à vous rendre au Petit Théâtre de Paris, pour assister à une colocation savoureuse et machiavélique. Un vrai bijou de comédie.

 

L’Etudiante et Monsieur Henri de Ivan Calberac , mise en scène :José Paul, avec : Roger Dumas, Claudia Dimier, Sébastien Castro et Lysiane Meis.

Photos : Bernard RICHEBE

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