Théâtre
Karim Yazi, promoteur d’identité

Karim Yazi, promoteur d’identité

09 septembre 2011 | PAR Amelie Blaustein Niddam

La Fondation Agir Contre l’Exclusion (FACE) et l’ANRU ont décerné au KYGEL Théâtre le « Trophée de l’Engagement pour les Banlieues », association de comédiens, auteurs, metteurs en scène, techniciens et musiciens, engagée dans le projet « banlieues en héritage » depuis 2006. A cette occasion, Karim Yazi, fondateur, avec Guy Lafrance, de la compagnie à accepté de répondre à nos questions.

Karim Yazi qu’est ce que Le Trophée de l’Engagement pour les Banlieues ?

C’est une récompense pour notre travail dans les zones dites sensibles d’Ile de France, particulièrement en Seine Saint Denis. En banlieue nous faisons un travail artistique dont l’objectif est de faire émerger la parole des habitants.

Ce travail d’émergence de la parole est-il lié à l’essence même de Kygel ?

La compagnie existe depuis 20 ans. Je suis un enfant de la banlieue, je ne pensais pas que la compagnie soit assimilée à la banlieue, ça s’est fait naturellement. En 20 ans, nous avons vu la situation se dégrader fortement, les lieux se sont appauvris. Nous, on est restés, alors on nous a collé l’étiquette « banlieue ». Nous travaillons auprès des jeunes, des habitants .

Quel sont les actualités de la compagnie ?

Nous souhaitons  reprendre le travail de diffusion du spectacle Ça Brûle ( ndlr : Ça Brûle  raconte  le fait divers de la translation d’un cimetière de Seine-Saint-Denis. Anecdote véridique et singulière à laquelle se greffent émeutes de banlieues et liens familiaux pour une poignante réflexion sur l’héritage. )

Du côté des projets, trois sont en cours.

Pour l’instant, c’est une idée, mais j’aimerais faire une co-production franco-danoise avec le Théâtre Méridiano.  C’est un projet à long terme. Plus prés de nous, je vais engager un travail de création avec des jeunes d’Aulnay Sous Bois. Je vais travailler avec un petit groupe de 5 ou 6 personnes pendant une durée de 6 à 7 mois. Nous allons improviser à partir des textes de Xavier Durringer. Le spectacle sera présenté à Aulnay Sous Bois en 2013.  Il s’agit d’une expérimentation un peu sur le modèle du travail d’Armand Gatti.

Toujours à Aulnay Sous Bois, en relation avec la municipalité et le logement francilien, nous voulons organiser un parcours sonore dans les rues du quartier de la Rose des vents. Casques sur les oreilles, les promeneurs entendront les témoignages d’habitants du quartier, dans une démarche politique et artistique plus qu’historique. Cela s’inscrit dans notre travail débuté en 2006.

Pouvez vous raconter les évènements de 2006 ?

Depuis 2004 nous avions l’envie de travailler autour de la mémoire urbaine et de l’immigration. Les émeutes de 2005 nous ont frappé, on a rien vu venir. Alors, cela a légitimé notre travail autour de la parole, les gens avaient besoin de parler.

Pouvez vous détailler un atelier de travail ?

Nous n’amenons pas de textes. Après une première période d’apprentissage des rudiments du théâtre il y a une phase de création partagée autour de thématiques larges, par exemple  » la liberté » . On essaie ensuite de sortir une scénographie de tout cela . Il nous arrive de nous inspirer des histoires des gens qui participent à ces ateliers dans nos spectacles.

Également, nous nous sommes beaucoup impliqués dans le réseau Histoire et Mémoire en Ile de France qui organise des rencontres en Ile de France. Cela se fait en collaboration avec la région et l’Acsé ( ndlr :  L’Acsé contribue à des actions en faveur des personnes rencontrant des difficultés d’insertion sociale ou professionnelle. L’agence a été créée par la loi du 31 mars 2006 sur l’égalité des chances pour renforcer l’action de l’Etat en faveur des habitants des 2 213 quartiers de la politique de la ville et pour promouvoir l’égalité des chances et la diversité.)

Nous avons déjà participé à une première biennale, la seconde aura lieu en 2013. On aimerait faire des passerelles avec les autres réseaux en France , comme par exemple celui de Marseille. On va essayer d’organiser une biennale entre Paris, Lyon et Marseille. Dans ce cadre, le rôle de la compagnie est de valoriser le travail de mémoire et d’identité . C’est une vitrine d’actions.

 




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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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