Théâtre

Jan Fabre ne choque plus. Scandale !

31 mars 2009 | PAR Erwan

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Seulement cinq spectateurs sont sortis du théâtre de la Ville dès la première demi-heure. Où va le monde ?

C’est devenu un phénomène attendu : Jan Fabre arrive avec une chorégraphie des plus originales sur les planches parisiennes. Sexe, drogue, punk, vulgarité contrôlée, insultes, le public vient ici pour se faire peur. Notre société est passée au crible par ce chorégraphe provocateur. Au fil des années, ses performances font de plus en plus d’émules. La salle se remplit à une vitesse phénoménale comme si le spectacle pouvait commencer avant l’heure. Et c’est ce qui se passe…

Alors que les spectateurs entrent dans la salle, deux hommes et deux femmes en slip et marcel blancs, chaussettes rayées vert et rouge, s’étirent déjà sur scène. Mouvements de tête,  flexions, moulinets, petits sautillements, le spectacle s’échauffe. Roulements de hanche. Une lumière centrale s’allume. Les voix se posent, la lumière descend quand soudain…

Des hommes armés entrent en vociférant ! Ce sont des coatchs. Nos sportifs sont des compétiteurs de la masturbation cérébrale dont l’orgasme est le paroxysme. Une pantomime impressionnante envahit l’espace. »I know you can do it » s’écrie l’un des hommes armés. Et les sportifs donnent tout, jusqu’à ce qu’ils n’en peuvent plus et… Nous n’en dirons pas plus. Premier volet sur la quête du bonheur.

Jan Fabre adore son public. Il le choie. Il le nourrit d’énergie et de toutes les substances qu’il aime à recevoir. Durant presque deux heures, une dizaine de tableaux renvoient des sensations intenses et uniques à ceux qui ne sont là que pour ça. Le chorégraphe fustige le racisme en faisant déclamer les pires horreurs à des hommes corrompus. Il s’en prend à tout le monde, y compris lui même, avec en ligne de mire la société de consommation dont il est la victime et l’un des acteurs à son corps défendant.

Avec peu de moyen finalement, le décor est sobre, les costumes sont simples, il conduit une réflexion, facile parfois (« come » on !), mais qui rappelle au spectateur la nécessité d »un combat humaniste. Dans L’Orgie de la Tolérance, cette provocation n’a qu’un souhait, utopiste certes, ouvrir un peu plus les esprits vers la différence.

Erwan Gabory

L’Orgie de la Tolérance, Jan Fabre,  Théâtre de la Ville Du mardi, 31 Mars au Samedi, 4 Avril, 2009. 2 place du Châtelet, Paris 4e.

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Erwan

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