Cinema

Cinéma : A l’aventure, de Jean-Claude Brisseau

01 avril 2009 | PAR Yaël Hirsch

Après s’être expliqué sur le procès qui lui a été fait sur les relations ambigües qu’il a pu entretenir avec ses actrices dans les onirico-poétiques « Anges exterminateurs », le réalisateur de « Noces blanches » continue sa quête cinématographique sur le désir féminin. Sortie le 1er  avril.

brisseau Ennuyée dans sa vie de couple avec un petit copain aussi plan-plan que parfait et lasse de sa vie trop bien rangée, une jeune femme quitte son travail pour se lancer dans une flânerie où elle enquête sur la vie. Les réponses passent par de longues discussions philosophiques sur un banc avec un vieil homme étrange, et par la recherche de plaisirs plus élaborés, ou le « plus que deux », le sado-masochisme soft et le flirt avec l’au-delà.

Moins abouti visuellement que « Les anges exterminateurs », et moins sociologique que « Choses secrètes » qui mesurait le pouvoir du sexe dans le monde de l’entreprise, « A l’aventure » vient clore le triptyque de Jean-Claude Brisseau sur les usages et les courbes du désir féminin. Touchante et pure dans sa quête du sens et des sens, l’héroïne (Carole Brana) mène le spectateur aux limites du rationnel, en ce lieu étrange où le sexe sous hypnose révèle des forces surnaturelles. Bavard, mais avec fraicheur, ce dernier opus de Jean-Claude Brisseau renoue avec la simplicité sans tabous des années 1970.

Chaudes, nécessairement, mais filmées avec poésie, ses scènes libertines –voire libertaires- n’ont jamais rien de glauque et réalisent toujours le plus difficile : parvenir à garder le cap de l’érotisme sans sombrer dans le cru pornographique, ni le ridicule de la romance cul. Le sexe est une « experience intérieure » comme aurait dit Bataille, quelque chose de risqué mais vital où la femme fait à la fois l’ange et la bête. Voir l’héroïne s’y livrer sans qu’il y ait là rien de glauque, de sale ou de désabusé est à la fois touchant et libérateur.

“A l’aventure”, de Jean-Claude Brisseau, avec Carole Brana, Arnaud Binard, Nadia Chibani, Lise Bellynck, France, 2008, 1h44.

 

Yaël Hirsch

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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