Théâtre
Incredibly Incroyable 2.0, Bertrand Bossard décline l’humour so british à la française

Incredibly Incroyable 2.0, Bertrand Bossard décline l’humour so british à la française

07 janvier 2021 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Non ce n’est pas une vanne anglaise tout droit sortie de Benny Hill. Bertrand Bossard est vraiment sur scène au Théâtre de la Ville. Il file son spectacle devant une poignée de professionnels qui comme nous peuvent rendre compte pour histoire, pour mémoire de ce temps où la culture était méprisée et piétinée par un gouvernement censé être garant des libertés individuelles. Allez, on range la colère et on se marre un peu. Let’s go!

« Je ne suis pas drôle en français »

Si l’Angleterre est un vieux pays, désormais non européen, le spectacle de Bossard est lui aussi une vieille histoire. Il faut remonter au siècle dernier, en 1998 où il crée ce faux stand up : Incredibly Incroyable. 23 ans après, Bossard a joué beaucoup au théâtre mais dans des pièces pas drôles du tout. On l’a vu chez Stanislas Nordey, Jean-Pierre Vincent, Jean-Yves Ruf, ou encore Frédéric Fisbach. Car selon lui, en français, il n’est pas drôle ! Il le prouve même avec évidemment, beaucoup d’humour ! Depuis 1998, la pièce a beaucoup tourné, partout plus de 400 fois et aujourd’hui l’idée est de se confronter au Brexit pour réparer l’infamie. Selon Bertrand, il aurait offensé les britishs et c’est pour ça qu’ils boudent et s’en vont. Pour soigner l’Europe, une seule solution, soufflée par un personnage visiblement ultra essentiel – Dieu – : le partage.

Ensemble, c’est mieux

Alors ils sont très nombreux dans ce seul en scène très participatif. Il y a Dieu donc, son fils bien sûr, des Tsars, des révolutionnaires russes, beaucoup de communistes, Elisabeth 2 et son bateau, le mime Marceau, entre autres. Le message version foutraque s’avère ultra révolutionnaire pour le coup en ce moment : rappeler aux gens le plaisir de partager. Jamais au moment où le spectacle a été pensé la première fois le comédien n’a pu imaginer que voir des spectacles serait interdit. Que danser serait qualifié de « mise en danger de la vie d’autrui ». Dingue, absurde, ubuesque. Les églises oui, les théâtres non. Les assureurs oui, les théâtres non. Les magasins de téléphone oui, les théâtres non, les parfumeries oui, les théâtres non, ect… Et finalement ce point là d’absurdité c’est exactement ce que Bossard vient trouver sur scène. 

En Vo please.

Car la pièce est en anglais ultra basique, mais en anglais tout de même, non sous titrée et portée par un acteur français. Cela donne un mix assez rigolo entre De Funès pour les mimiques et les Monty Python pour le charme décalé. Meilleur bruitiste que mime, il exagère tous les gimmicks animaliers possibles. Ce n’est pas veau, vache, cochon mais un autre bestiaire bien gesticulant qui prend la scène. On ne sait pas si cela suffira à nous reconcilier avec le peuple anglais et à le convaincre de rentrer à la maison, mais ce que l’on sait, c’est que le spectacle vivant pour être vivant a besoin d’un public bien réel, distancié, masqué, gélifié, mais bien réel.

Visuel : ©Marco Castro

 

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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