Théâtre

Fréderic Fisbach devient la voix de Dieudonné Niangouna à la MC93

Fréderic Fisbach devient la voix de Dieudonné Niangouna à la MC93

12 janvier 2018 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Jusqu’au 28 janvier, dans sa plus haute salle, la MC93 accueille le sombre texte de Dieudonné Niangouna, Et Dieu ne pesait pas lourd, une étrange plongée dans les abîmes d’un inconscient ravagé.

L’espace est gris alors que les murs sont noirs. L’effet est rendu tel par les néons blanc qui semblent tout refroidir. Ils bordent, à la verticale, le plateau ponctué d’un grand panneau sombre. Il y a aussi une camera sur un haut mât et un non-miroir composé d’autres néons, qui renvoi la lumière mais ne reflète rien. Fréderic Fisbach est seul et le restera. Il va pendant un peu plus d’une heure nous raconter une histoire qui n’en est pas une. Tout et son contraire. Est-il en prison ? Est-il fou ? Les deux ? Nous ment-il ? Nous dit-il une vérité ? On en sait rien. Ici tout est flou, tout est sombre, tout est froid.

Le texte de Dieudonné Niangouna est comme toujours un cri. Lui qui fut l’artiste associé du Festival d’Avignon en 2013 ne cesse de raconter la guerre civile qu’il a vu, à Brazzaville. Attitude Clando, Les Inepties volantes Ses textes sont toujours des logorrhées hystériques qui traduisent le chaos du monde.

Alors, Fréderic Fisbach nous promène, dans des scènes irréelles où des terroristes en cherchent d’autres, dans une boite de nuit à Seattle, dans le ventre de sa mère. Le rythme toujours identique et le carcan carcéral de la scénographie aux beaux accents Philippe Parreno rendent l’expérience ardue et arrise. Fréderic Fisbach porte ce texte aux rares respirations, comme un hurlement contraint. Et Dieu ne pesait pas lourd nous perd et nous abandonne souvent, de façon volontaire, rendant la perception de cette pièce souvent douloureuse.

Dieudonné Niangouna et Frédéric Fisbach © Pascal Gély

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. amelie@toutelaculture.com

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