Théâtre

Tous les genres seront au 72e Festival d’Avignon

Tous les genres seront au 72e Festival d’Avignon

29 mars 2018 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Sans aucune surprise puisque le programme est en ligne depuis 24 heures, le directeur du Festival d’Avignon a présenté ce midi aux Parisiens la 72e édition du Festival d’Avignon, réduit à 19 jours, du 6 au 24 juillet. Ouverture de la billetterie le 11 Juin.

Des chiffres stables

Dans la grande salle de Chaillot, le monde de la culture est venu entendre ce qu’il savait déjà, espérant trouver des réponses à ses questions à l’occasion de la célèbre Conférence de Presse du Festival d’Avignon.

Du côté de la forme et non du fond, le festival sera majoritairement théâtral, à 24%. Cela est la norme classique. Classique, le mot est rapidement lancé « Cette année il y a des classiques français, cela me manquait ! » glisse le directeur entre les chiffres. Le budget stable de 13 millions d’euros et une jauge équivalente à 2017 (140000 entrées possibles) vont se traduire par 47 spectacles et 225 levers de rideaux. Si tous sont des premières en France ou des créations 2018, on peine à trouver les créations pensées pour la 72e édition.  Le travail de rajeunissement du public fonctionne  bien car 19% des spectateurs ont moins de 30 ans. Cette année encore, les moins de 30 ans auront accès au 4/40, quatre billets pour dix euros.

Un fil rouge : le genre

Classique alors ? Pas tant que ça en réalité. Disons que tout le monde pourra piocher dans cette sélection pour vivre son festival. Il y a d’abord cette  image glaçante et gênante qui sera l’affiche du soixante-douzième : une vingtaine d’enfants de chœur au visage serré, le corps drapé, signé de Claire tabouret et portant le nom clair  « la grande camisole ». Ses peintures seront exposées à l’église des Célestins dont le sujet, l’exploratrice Isabelle Eberhardt est très lié au genre. Pour Olivier Py, le genre n’est pas à entendre au sens où l’entend Judith Butler, la dichotomie entre sexe et genre, mais bien un questionnement plus vaste qui englobe des questions politiques et familiales que l’on retrouvera dans les spectacles mais aussi lors des lectures RFI et des Ateliers de la Pensée.

Alors, on ira voir quoi ?

Romances Inciertos, un autre Orlando de François Chaignaud et Nino Laisné est de loin le spectacle qui nous fait le plus saliver. Cela se passera aux Célestins du 7 au 14. Une proposition musique et danse sur l’androgynie.

Ce qu’Olivier Py sait faire de mieux, c’est faire entendre les textes antiques. Pour Pur Présent, qui sera court a-t-il annoncé il va créer sa propre trilogie. Ce sera l’occasion de découvrir le nouveau lieu du Festival, la Scierie qui se situe non loin de L’Université.

Le collectif Marseillais Ildi! Eldi s’est intéressé aux amateurs d‘OVNI(S). Autres créatures, celles de Sacha Waltz qui fait son grand retour avec un spectacle métallique sur la Stasi, Kreatur où les danseurs seront contraints par des costumes anti-chorégraphiques du 7 au 14 à l’Opéra.

On retrouve avec joie Amir Reza Koohestani, qui présentera Summerles qui sait décrire avec finesse les schizophrénies de son pays, l’Iran. Egalement sur des questions politiques et sociétales, Ali Chahrour dont on avait adoré Fathmé parlera des rites funéraires et de la difficulté des hommes à témoigner de leur émotion, ce sera May he rise and smell the fragance, à Benoit XII du 14 au 17.

Du côté de l’Egypte, Mama d’Ahmed el Attar  interrogera les rapports de force entre les femmes de la maison et les hommes. Du 18 au 23.

Chloé Dabert s’attaque pour la première fois un classique, Iphigénie un portrait très violent du patriarcat. Autre classique, mais en lituanien cette fois, un Tartiufas monté en labyrinthe herbeux par Oskaras Koršunovas

Raimund Hoghe, le dramaturge au corps brisé de Pina Bausch présentera le mythique 36 avenue Georges Mandel sur La Callas et sa dernière création Canzone per Ornella pour Ornella Ballestra.

Du côté de la danse, les Sujets à Vifs, avec la SACD, et particulièrement deux propositions : celle de Thierry Balasse et Pierre Mifsud et celle de Mylène Benoit et Julika Mayer. Danse toujours avec l’adoré Mickaël Phelippeau qui offrira son histoire d’amour Ben & Luc aux Hivernales du 21 au 24.

Enfin, le directeur de la Comédie de Valence, Richard Brunel, parlera des femmes japonaises arrivées aux États Unis au 20e siècle et déportées pendant La seconde guerre mondiale. Certaines n’avaient jamais vu la mer sera  à voir aux carmes

Les rituels 

L’ouverture de la Cour d’Honneur, pour entendre les trompettes de Jarre retentir encore. On s’attend à du très gros spectacle, avec le tragique Thyeste monté par Thomas Jolly. La seconde Cour sera portée par le chorégraphe israélien Emmanuel Gat et la clôture se fera en musique le 24 avec un alléchant programme, Ici-Bas. Sonia Bester et Olivier Méllano invitent (entre autres) Jeanne Added, Elise Caron, Philippe Katerine pour en sous-titre Les mélodies de Gabriel Fauré

Les lectures bien sûr, celles de France Culture au Musée Calvet et celles d’RFI sur la littérature francophone au Jardin de la rue de Mons.

Hors cadre, et si il y a bien quelque chose que l’on reconnait à Olivier Py, c’est son amour du cabaret. Sous la houlette de Jérôme Martin, le 16 juillet, le Festival d’Avignon investira le Délirium, un bar de nuit avignonnais non loin de la Rue de la République.

Moins drôle, mais plus fort, cet Antigone à la Scierie. Comme Hamlet en 2017, la pièce sera jouée par des détenus avec lesquels Olivier Py travaille depuis trois ans.

Plus ouvert, l’espace qu’occupera David Bobée dans les jardins Ceccano  pour le feuilleton de midi, en entrée libre : Mesdames, Messieurs et le reste du monde

Et toujours une place données aux écoles, et cette année, c’est l’école du nord  dirigée par Christophe Rauck qui est invitée pour Le pays lointain. 

Tout l’avant programme est en ligne ici. Le programme définitif sera disponible courant mai et la billetterie ouvre le 11 juin.

Visuel : ©Amélie Blaustein Niddam

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. amelie@toutelaculture.com

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