Théâtre

Doris Darling ou la presse people rhabillée pour l’hiver

Doris Darling ou la presse people rhabillée pour l’hiver

25 septembre 2012 | PAR Charlotte Bonnasse

Le Théâtre du Petit Saint Martin nous fait voir cette saison une comédie anglaise des plus déjantées, un spectacle en sons et lumières sur les remous de la presse à scandales, Doris Darling. Avec un casting de luxe et dans un langage désopilant, Doris Darling, traduite et réadaptée en français par Marianne Groves, n’a pas fini de faire mouche.

Sur l’affiche, on lit : « Bitch –noun. Female of any member of the dog family. » Doris, c’est l’incarnation même de cette langue de pute que rien n’arrête. Sabrant tout ce qui bouge de sa verve assassine, de l’actrice de cinéma à la jeune sainte-nitouche qui lui sert de bonne, Doris n’a de scrupules pour personne, et sa langue de bois se taille une réputation qui n’a d’égale que son esprit de répartie.  Du haut de son loft hyper-design, Marianne Sergent campe un personnage surréaliste en mini-short en cuir, totalement décomplexée, et il faut bien le dire, hilarante: elle « tire à boulets rouges sur tout ce qui bouge », proclame « le droit à la traque des présentateurs PD », et quand sa servante court derrière elle en essayant de défendre la veuve et l’orphelin, elle lâche: « de la pitié ? je suis journaliste Peggy. Plus le monde va mal, mieux on se porte. » Régnant avec jubilation sur sa petite cour adulatrice, entre Peggy, un homme de télé qui veut à tout prix lui arracher un contrat et son latino de petit ami (« ce pauvre Ricky Martin des HLM »), elle continue à dégainer ses couteaux au sujet d’un procès qu’une actrice lui fait après avoir été égratignée par la journaliste.

Cette comédie des temps modernes élabore dans un style décalé et réjouissant des caricatures tout à fait actuelles. On appréciera les transitions et les entrées en scènes totalement loufoques des personnages, rythmées par des chorégraphies plus folles les unes que les autres (incluant même une scène de lap dance). Amélie Etasse est remarquable en Peggy apeurée, et son jeu ne cesse de nous surprendre jusqu’à la fin. Quant aux trois autres, Thierry Lopez, Eric Prat et François Siener, leur jeu est tout aussi excellent, mais la caricature flirte à certains moments avec la lourdeur, dans un registre moins enlevé que les deux premières.

Cette authentique « farce sur les ravages comiques de la vanité humaine » est un bon moment de détente, et le texte de Ben Elton, remarquablement bien adapté, fait office de pièce montée savoureuse, brillante et libérée.

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Charlotte Bonnasse

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