Théâtre
Dieudonné une nouvelle fois devant la justice

Dieudonné une nouvelle fois devant la justice

04 février 2011 | PAR Floriane Gillette

Dans le cadre de l’affaire qui l’oppose à SOS Racisme, Dieudonné condamné en première instance à 10.000 euros d’amende et à faire publier le dispositif du jugement dans deux grands quotidiens, comparaissait hier après-midi, devant la Cour d’appel de Paris.

Lors de son spectacle le soir du 26 décembre 2008, au Zénith de Paris, l’humoriste avait invité sur scène l’historien négationniste, Robert Faurisson, pour lui remettre le prix de « l’infréquentabilité et de l’insolence ». On pouvait alors voir un acteur déguisé en déporté juif lui apporté la récompense à cet universitaire français, connu pour avoir toujours nié l’existence des chambres à gaz et la réalité du génocide Juif. Homme de lettres, il se fait connaître du grand public en janvier 1979, avec une lettre qui l’avait envoyé au Monde. Dans cette lettre « Le Problème des chambres à gaz, ou la rumeur d’Auschwitz « , l’auteur écrit : « Jusqu’en 1960, j’ai cru à la réalité de ces gigantesques massacres dans les “chambres à gaz”. Puis, à la lecture de Paul Rassinier, ancien déporté résistant et auteur du Mensonge d’Ulysse, j’ai commencé à avoir des doutes. Après quatorze ans de réflexions personnelles, puis quatre ans d’une enquête acharnée, j’ai acquis la certitude, comme vingt autres auteurs révisionnistes, que je me trouvais devant un mensonge historique. »  Hier, à la Cour d’appel, Robert Faurisson avait fait le déplacement.

Le directeur de SOS Racisme, Dominique Sopo, déplore la tendance systématique de Dieudonné à évoquer dans ses sketch, le peuple Juif. Il remarque aussi qu’au nom de la liberté d’expression et de l’humour, on repousse les limites de la morale jusqu’à installer une course où le « gagnant » est celui qui frappera le plus fort. A ce propos il confiait d’ailleurs : « Monsieur M’BALA M’BALA, de plus en plus concurrencé sur son propre terrain, à savoir celui de l’expression décomplexée de la parole raciste, semble devoir renforcer l’intensité de ses propos pour garder le leadership de son marché. La glorification soudaine d’une liberté d’expression sans frein par les nombreux concurrents qui se bousculent, montre à quel point ici ce à quoi vise une telle glorification : le droit de déverser sa haine, là où la civilisation a, fort heureusement, patiemment construit des limites à l’expression de paroles dont l’Histoire nous enseigne qu’elle peuvent atteindre les personnes jusqu’à les tuer. »

Tandis que Dieudonné revendiquait son droit à faire rire son public en rappelant que le 26 décembre »était une excellente soirée. C’était très drôle. Les gens ont ri », un témoin soutenait Dieudonné : « On a le droit de critiquer Jésus mais pas les 6 millions de morts de la Shoah, il y a une rupture de constitutionnalité et de l’égalité dans ce pays ».  Du coté de la LICRA (Ligue Internationale contre le Racisme et l’Antisémitisme), Maitre Sabrina Goldman a rappelé le caractère politique du discours de l’accusé, il s’était présenté aux élections  européennes, avec le parti PAS (Parti Anti-Sionniste).

Le parquet à donc requis six mois de prison avec sursis et 10 000 euros d’amende, le verdict sera rendu le 17 mars prochain.

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Floriane Gillette

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