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« Diane Self portrait » aux Plateaux sauvages : sur les traces de Diane Arbus

« Diane Self portrait » aux Plateaux sauvages : sur les traces de Diane Arbus

27 septembre 2020 | PAR Julia Wahl

Les Plateaux sauvages proposent jusqu’au 9 octobre Diane self portrait, un spectacle sur Diane Arbus signé Fabrice Melquiot et mis en scène par Paul Desvaux.

C’est le cliquetis du flash qui accueille le spectateur. Une entrée en son, pour un spectacle à l’enjeu visuel : rendre compte du travail de Diane Arbus, qui n’a eu de cesse de photographier des personnages marginaux.

Paul Desvaux a pour cela recours aux talents du photographe de plateau Christophe Raynaud de Lage : les scènes qui se jouent sous nos yeux sont transformées en photographies en noir et blanc, projetées immédiatement en fond de scène sur un rideau mobile. La pièce joue ainsi avec aisance du passage du spectacle vivant à l’art « reproductible », pour reprendre l’expression que donne Walter Benjamin de photographie.

Le spectacle ne saurait toutefois se réduire à la projection de ces clichés : la guitare de Michael Felderbaum et les intonations graves d’Anne Azoulay, qui incarne la photographe, guident le public sur les traces de Diane Arbus, de son enfance à son suicide, figuré scéniquement par une blanche baignoire à pattes de lion.

Jean noir et chemise claire, Anne Azoulay règle avec Catherine Ferran les problèmes de Diane Arbus avec sa mère, guette dans les yeux de ses modèles le moment où « il se passe quelque chose » et conte, en une longue adresse au public, les grandes étapes de sa vie. A ses côtés, Paul Jeanson joue son mari, Allan Arbus, en même temps qu’il égraine les grands moments du XXe siècle qui semblent se confondre avec ceux du parcours de son épouse.

Si le spectacle embarque le spectateur dans la sinuosité du parcours de Diane Arbus, peut-être peut-on regretter la rapidité avec laquelle l’acte même de la photographie est évoquée : alors que les six heures de travail nécessaires à un cliché reviennent comme un gimmick tout au long du texte, nous voyons peu le personnage se battre avec le corps de ses modèles. C’est d’autant plus regrettable que le choix de Jean-Luc Verna, avec sa rudesse et ses tatouages, pour incarner l’un de ces modèles s’y prêtait particulièrement.

La création de ce spectacle a fait l’objet, de novembre 2019 à septembre 2020, d’un travail avec les habitants du quartier des Amandiers mené par Pauline Le Goff et Paul Desveaux.

 

Texte Fabrice Melquiot 
Mise en scène et scénographie Paul Desveaux
Collaboration artistique Céline Bodis
Musique Vincent Artaud et Michael Felberbaum
Création lumière Laurent Schneegans
Costumes Virginie Alba assistée de Morgane Ballif
Photographie Christophe Raynaud de Lage
Régie générale et plateau Clément Mathieu
Régie son et vidéo Grégoire Chomel
Régie lumière Philippe Bouttier

Avec Anne Azoulay, Michael Felberbaum (guitariste), Catherine Ferran (sociétaire honoraire de la Comédie-Française), Paul Jeanson, Marie-Colette Newman et Jean-Luc Verna 

Tarification responsable : de 5 à 30 euros.

Jusqu’au 9 octobre.

Visuel : © Christophe Raynaud de Lage

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Julia Wahl
Professeure de lettres durant dix ans, chargée de production de diverses compagnies de danse ou de théâtre, chargée d'action culturelle et des relations publiques... Tout ce qui a trait à la promotion de la culture et au développement de ses publics me passionne. Parce que l'on ne peut voir un spectacle sans vouloir transmettre ses émotions, je chronique régulièrement le cinéma, le théâtre et la politique culturelle pour Toute la Culture.

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