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Alice et autres merveilles, le spectacle dingue de Melquiot et Demarcy-Mota est de retour au Théâtre de la Ville

Alice et autres merveilles, le spectacle dingue de Melquiot et Demarcy-Mota est de retour au Théâtre de la Ville

22 décembre 2018 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Le conte réécrit et augmenté par Fabrice Melquiot en 2006 revient une nouvelle fois au Théâtre de la Ville dans la mise en scène d’Emmanuel Demarcy-Mota et de sa troupe. Une merveille.

Isis Ravel entre en scène et occupe tout l’espace tout de suite, blouson jaune de saison et jupon pailleté elle sera vite rejointe par des lapins en retard, en retard. La lumière léchée de Yves Collet et Christophe Lemaire nous installe d’entrée dans un décalage ultra contemporain entre le vieux conte et son apport éternel.

153 ans donc depuis que Lewis Carroll a pensé ce rêve psyché. Ici, l’histoire est totalement celle du conte augmenté de guest-stars. Un chaperon rouge qui trouve le loup sympa, une Barbie au fort QI, un Pinocchio amoureux.. L »idée est juste géniale car elle permet aux enfants de convoquer tous les héros qu’ils connaissent par cœur. Génération Netflix oblige, les Disney sont particulièrement vus et revus et donc parfaitement intégrés. Et il fascinant de s’interroger sur les caractéristiques de chaque personnage.

La scénographie est folle et en même temps simple. Comment rendre compte des transformations d’Alice ? Avec des trucs, parfois des vieux trucs. Et ça marche tellement bien ! Une longue, mais vraiment longue robe et Alice mesure plus de 3 mètres, un jeux d’ombres chinoise et elle est minuscule…

Les références rock sont nombreuses, dont une reprise géniale de The Wall par la Reine de cœur et tous ses sbires bientôt sans tête. La troupe joue à fond : Jauris Casanova, Valérie Dashwood, Sandra Faure, Philippe Demarle, Sarah Karbasnikoff, Stéphane Krähenbühl, Gérald Maillet, Walter N’guyen et Isis Ravel sont la vingtaine de figures si célèbres qui sont gravés dans nos mémoires : incroyable chenille au costume qui pique dans un bateau gonflage, le chat du cheshire démultiplié en bleu…

Tout est ultra beau dans cette pièce ou la petite Alice (7 centimètres à un moment !); comprend à quel point voir son corps changer n’est pas simple. Elle se confronte à l’allégorie d’un monde adulte où tout est fou. « ça alors, ça ! » répète-t-elle souvent incrédule avant de faire siennes les absurdité qu’elle croise. Si l’impossible est possible alors tout est possible dit-elle. Et elle le prouve. Avec un peu de finesse on peut faire entre un rond dans un carré. 
Un incroyable spectacle qui n’a pas pris une ride. Il a une place particulière puisqu’il fut le premier jeune public à braver le feu grand plateau du désormais théâtre de la Ville en travaux, jusqu’en 2021. On vole ici, on nage, on grandit, on rétrécit,on est surpris. En un mot : émerveillés.

A voir d’urgence, même les jours où traverser la Concorde pleine de cars de CRS pour aller au spectacle donne vraiment l’illusion que le monde d’Alice est très réel, jusqu’au 27 décembre, à l’Espace Cardin.

Visuel : ©Théâtre de la Ville

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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