Théâtre

Délire à deux : un Ionesco inédit aux Abbesses

Délire à deux : un Ionesco inédit aux Abbesses

21 mai 2011 | PAR La Rédaction

Dans cette pièce de Ionesco, Elle (Valérie Dréville) et Lui (Didier Galas) se connaissent depuis trop longtemps et les vieilles disputes du couple se répètent ainsi depuis 17 ans.

A la petite guéguerre du vieux couple les balles de la vraie guerre au dehors font écho sans cependant que ces univers ne se rencontrent réellement. Ce sont des mondes parallèles, voire hermétiques. Tout cela donne beaucoup à penser : le petit nid fermé du monde domestique du couple moderne est-il aveugle au monde de la rue, des affaires publiques de la communauté humaine environnante ? Est-ce la même logique qui serait à l’œuvre dans la guéguerre de couple et celles que se mènent les hommes, les armes à la main ? Ou, comme le pense le metteur en scène Christophe Feutrier «le texte d’Ionesco met en regard l’influence possible du conflit microscopique sur le conflit macroscopique (et si c’était la dispute intime à l’intérieur qui déclenchait la guerre terrible à l’intérieur ?) »
Mais au fond, quoi qu’ai « voulu dire l’auteur », comme disent les enseignants de lettres à l’école (question pour le moins absurde puisqu’il a déjà écrit ce qu’il a voulu écrire et qu’il aurait écrit autre chose s’il avait voulu écrire autre chose), ce propos nous touche. L’humour également très présent met des couleurs à un univers qui serait bien noir…ou plutôt…blanc. Car c’est sur un ring blanc en effet que se livre ce face à face entre Elle et Lui, habillés en cosmonautes pour une raison obscure sauf le fait que le metteur en scène a des affinités fortes avec la Russie et le monde postsoviétique (costumes d’Olga Karpinsky).
Le jeu est assez distancié, délibérément froid, tandis que le travail des corps (Philippe Ducou) est précis et recherché, ce qui n’est pas du luxe puisque le couple, c’est autant les mots que les corps. Un petit regret cependant que l’ensemble manque un peu de fantaisie : on aurait pu montrer plus de couleurs dramaturgiques : un petit coup de clown, une dose réaliste, une goutte de burlesque, un brin de tragique etc. ; ç’eut été un cocktail proprement délirant !

Nattan Barnache

 

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