Théâtre
[Critique] « Je danse toujours », la machine à rêver de Clémence Poesy

[Critique] « Je danse toujours », la machine à rêver de Clémence Poesy

24 novembre 2013 | PAR Olivia Leboyer

JE DANSE TOUJOURS Photo Feuille Lumineuse (photo libre de droits(c)Mirco Magliocca)

En à peine cinquante minutes, le spectateur est happé par une pièce dense, qui déroule une vie rêvée. C’est l’hiver 1942, et Clémence Poésy incarne l’attente amoureuse.

[rating=3]

Seule en scène, Clémence Poésy, chemisier écru incrusté de dentelle et pantalon beige à pinces, tape à la machine, se remémorant les souvenirs de la Résistance. Peu à peu, on comprend qu’il s’agit là de souvenirs largement inventés, fantasmés. La jeune femme rejoue inlassablement, sur sa machine, l’attente de l’être aimé. À ce Monsieur Blanche qui, pendant la guerre, lui dictait des journaux à faire passer à Lyon, elle n’a jamais osé avouer son amour. À présent, alors qu’il est trop tard, elle se parle pour éviter l’angoisse, tapant au rythme des palpitations de son cœur. Fiévreuse, intense, Clémence Poésy incarne cette attente tendue par un espoir un peu fou. Courant entre la petite table et le poêle où elle brûle les feuillets, elle semble possédée par ses souvenirs rêvés, par cette longue vie qu’elle n’a pas vécue.

La mise en scène d’Étienne Guichard (le père de Clémence Poésy) est sobre et précise, le texte de Timothée de Fombelle naturel et imagé. Clémence Poésy incarne la passion, l’attente et la douleur avec une belle ferveur.

Je danse toujours, pièce de Timothée de Fombelle, avec Clémence Poésy, mise en scène d’Étienne Guichard. Du mardi au samedi, www.theatrelapepiniere.com.

Théâtre de la Pépinière
7, rue Louis-le-Grand
75002 Paris
location : 01 42 61 44 16

Visuels : © affiche officielle du spectacle, photo de Mirco Magliocca

Le musée Paul Delouvrier d’Évry accueille deux œuvres de Vasarely, père de l’opt art
[Critique] 2 automnes 3 hivers, le temps de l’amour avec Vincent Macaigne
Olivia Leboyer
Docteure en sciences-politiques, titulaire d’un DEA de littérature à la Sorbonne  et enseignante à sciences-po Paris, Olivia écrit principalement sur le cinéma et sur la gastronomie. Elle est l'auteure de "Élite et libéralisme", paru en 2012 chez CNRS éditions.

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *