Théâtre
Cet automne, Francis Veber est au théâtre de la Madeleine avec Le Tourbillon !

Cet automne, Francis Veber est au théâtre de la Madeleine avec Le Tourbillon !

07 novembre 2022 | PAR Chloé Coppalle

Cet automne sera marqué par Francis Veber ! Au cinéma, le réalisateur James Huth reprend son magnifique film Le Jouet dans un remake nommé Le Nouveau Jouet avec Jamel Debbouze, et au théâtre, Francis Veber lui-même nous propose Le Tourbillon, dans lequel il nous entraîne dans un univers inspiré de ses classiques. 

À l’instar de nombreuses œuvres du cinéaste, Le Tourbillon est une comédie dans laquelle le public retrouve ses codes : un huis clos dans un grand appartement parisien, chic et élégant ; des personnages proches, appartenant ici à un cercle familial ; un canapé ; un homme cynique et une femme dépassée par les événements. Norbert est policier, un peu brutal, renvoyé par sa hiérarchie à cause de ses dérapages, qu’il considère pourtant légers. Norbert, c’est un peu le Pierre Brochant du film Un dîner de cons : celui qui pense inviter les cons et dont c’est le sarcasme qui nous fait rire. Il est marié à Sophie, qui tient un salon de coiffure et qui nous fait d’abord penser à Zézette du Père Noël est une ordure. Sophie est très amie avec la sœur de Norbert, Christine, qui fait ce qu’elle peut pour soutenir avec gentillesse et patience Éric, son mari dépressif qui ne s’en sort pas. Submergée par la situation, elle entrevoit enfin une lueur d’espoir quand Norbert arrive à le faire parler. Définitivement déboussolé de voir qu’il a une belle-famille si limitée, Éric retrouve la parole pour exprimer son désarroi. Quatre personnages opposés mais aux rôles forts, réunis par les aléas des mariages. 

La pièce aborde différentes problématiques : la dépression, le chômage, le processus de guérison, la question du soutien, la famille… Et pour une rare fois, il y a aussi la volonté de se rapprocher de l’actualité : la polémique de Ruby Nikara qui vend l’eau de son bain, le « tarama en slip de bain », MeToo, les reconnaissances LGBTQ+… D’habitude, la grande force des textes de Francis Veber est leur neutralité. Outre quelques exemples dont La Cage aux folles, la majorité de son travail nous touche par le choix de sujets transversaux. Dans Les Fugitifs, on se fiche de prendre parti pour Jean, l’évadé incarné par Gérard Depardieu. On est juste navré pour lui, car au moment où il souhaite se ranger et aspirer à plus de tranquillité, il tombe sur François Pignon. Mais la question n’est pas non plus de savoir si François Pignon est un bon ou un mauvais père : on est désolé, et en même temps on finit par s’attacher parce que, malgré tout, Jean se découvre tendre avec Jeanne, et le silence de Jeanne nous touche. Dans le superbe Le Jouet, la question n’est pas de débattre sur l’éducation d’un enfant trop gâté, mais de questionner les manques en montrant que tous les jouets du monde ne peuvent notamment pas remplacer la présence d’un père. De ce fait, les références à l’actualité dans Le Tourbillon ont peut-être moins fonctionné que les autres blagues, au répertoire fin plus maîtrisé et pour lequel on aime tant cette filmographie. 

Dans Le Tourbillon, on retrouve l’animalité entre deux hommes, les personnages à côté de la plaque, les dialogues drôles, parfois moqueurs, juste ce qu’il faut. Une pièce dont le rythme décolle à partir du deuxième lever de rideau et dont on sort en ayant passé un bon moment. À voir !

 

Visuel : © Air Comme Rythme

 

À partir du 22 septembre 2022
Du mercredi au samedi : 21 h
Samedis et dimanches : 16 h 30

Durée : 1 h 30

Avec :
– Philippe Lellouche
– Caterina Murino
– Stéphane Metzger
– Aline Gaillot

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Chloé Coppalle

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