Arts

Misia : reine de Paris et du Musée d’Orsay

Misia : reine de Paris et du Musée d’Orsay

12 juin 2012 | PAR Ariane Kupferman Sutthavong

Surnommée Madame Verdurinska par son amie Coco Chanel, celle que le Tout-Paris d’avant-guerre acclamait aux dîners voit sa vie exposée cet été au Musée d’Orsay. Sa vie plutôt que son œuvre, oui, pour la simple raison qu’elle n’a rien créé par elle-même tout en présidant aux destinées d’artistes divers.  Muse, égérie, amante, mécène, la papesse du bon goût Misia a côtoyé les grands de son époque. En ressort un portrait en filigrane de cette dernière.

Intégrée dans les milieux artistiques d’avant-garde de plus de trois décennies, la pianiste Misia voit se presser dans ses salons Vuillard, Toulouse-Lautrec, Debussy, Ravel… Tous célèbrent sa beauté et son charme magnétique dans leurs œuvres. Amie intime de Jean Cocteau et de Coco Chanel, elle fait la connaissance de Serge Diaghilev et se lance dans l’aventure des Ballets Russes… Si Misia agissait en entremetteuse entre les créateurs de son temps, l’exposition que lui consacre le Musée d’Orsay en fait de même aujourd’hui.

Portraits et photographies de la belle se répondent, accompagnés d’objets inédits lui ayant appartenu : un poème-éventail offert par Cocteau ou encore le collier de perles tristement célèbre, passé des mains de Misia à celles de la maîtresse de son second époux Alfred Edwards. L’apogée de la carrière de mécène de Misia Sert? Le ballet Parade – auquel est consacré une large salle – de Diaghilev dont Cocteau a écrit le scénario, Satie la musique et Picasso dessiné les costumes et décors…

Si Misia n’est pas une créatrice (en témoignent les arbustes de perles créés pour ses amis et montrés en fin d’exposition), c’est en revanche une muse, une inspiratrice qui, selon Paul Morand, « excitait le génie comme certains rois savent fabriquer des vainqueurs ». Ses mariages et ses liaisons tumultueuses sont aussi représentés que son physique. Viennent compléter cette exposition les lettres de Misia ainsi que des transpositions fictives de sa vie amoureuse : un exemplaire de la pièce Le Foyer de Mirbeau, inspiré par le marchandage dont elle fut victime entre son premier et son second époux, un enregistrement radiophonique de Cocteau interprétant son texte, Les Monstres Sacrés, tiré du ménage à trois de Misia avec José Maria Sert et sa jeune maîtresse Roussy.

Misia la mécène, Misia la muse, Misia l’amoureuse… L’exposition se singularise par ses multiples facettes mais surtout par sa pluridisciplinarité, réunissant peinture, photographie et même une rareté cinématographique de 1934. La musique, elle, nous propulse dans les salons de la Belle Epoque, tantôt rue Saint-Florentin chez les Natanson où se mettait en place La Revue Blanche, tantôt rue de Rivoli dans  l’annexe des Ballets Russes de Misia Sert.

 

Visuels :

Misia à sa coiffeuse, Félix Vallotton, 1898. Paris, Musée d’Orsay.(C) RMN (Musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski.
Affiche pour La Revue Blanche, Henri de Toulouse-Lautrec, 1895. Paris, Bibliothèque Nationale de France. (C) Bibliothèque Nationale de France.
Misia Godebska-Natanson, 1898, Munich, Bayerische Staatgemäldesammlungen, Neue Pinakothek. (C) BKP, Berlin, Dist. RMN / image BStGS.

 

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Ariane Kupferman Sutthavong

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