Théâtre
Avignon OFF : le double seul-en-scène d’ « On ne parle pas avec des moufles »

Avignon OFF : le double seul-en-scène d’ « On ne parle pas avec des moufles »

29 juillet 2022 | PAR Lucine Bastard-Rosset

Il était possible d’assister à la dernière représentation d’On ne parle pas avec des moufles ce vendredi 29 juillet au Théâtre Golovine durant le Festival d’Avignon. Un spectacle bilingue rempli d’humour qui vous mènera vers la compréhension de l’autre. 

Une cage d’ascenseur

Se dresse au centre d’un plateau plongé dans le noir une cage d’ascenseur. Les néons se reflètent sur un sol aux motifs géométriques, créant un espace étrange, comme sorti d’un autre monde. Dans cet espace limité à quatre mètres carrés, deux hommes se retrouvent enfermés. L’ascenseur est en panne, il est impossible d’en sortir et il faut se soutenir. Cependant, face à l’urgence de cette situation burlesque, Denis et Anthony n’arrivent pas à communiquer. Débute alors un dialogue totalement absurde entre un danseur qui ne cesse de parler, et un comédien sourd qui s’exprime en LSF. 

Un double récit

On ne parle pas avec des moufles est une véritable création bilingue. Les deux comédiens ont chacun écrit une partie du texte dans leur langue natale (LSF et français), qu’ils interprètent sur scène. Naissent de ce double seul-en-scène des récits qui se superposent, s’entrecroisent et se complètent. Alors que le dialogue semble compromis, les deux hommes en viennent à entrer en interaction grâce à leur corps. Leurs silhouettes se mêlent et donnent naissance à des moments où il semble possible de se comprendre. 

Dans ce spectacle, le spectateur est projeté à la place d’un des deux comédiens. A moins de parler LSF et français, il est impossible d’avoir accès aux deux monologues. Il devient donc soit complice d’Anthony, soit complice de Denis, et tentera de deviner ce que l’autre dit, faisant de l’intuition sa meilleure alliée.

L’interaction avec l’autre

Denis et Anthony ont développé une véritable complicité. Leur duo est touchant et dévoile cette volonté de ne pas laisser à l’écart celui qu’on ne comprend pas. Cette situation anodine qu’ils mettent en scène fait ressortir avec beaucoup de justesse cet instant où l’on ne prend pas le temps de s’ouvrir à l’autre, trop obnubilé par ses propres pensées. Dans les premières minutes, Denis ne regarde pas Anthony et surinterprète l’ensemble de ses gestes. Il ne comprend même pas que son camarade d’ascenseur est sourd, enchaînant les mots.

Finalement, On ne parle pas avec des moufles parle de cette première rencontre entre un sourd et un entendant et des moyens qu’il faut trouver pour communiquer. Le langage du corps s’exprime alors, prenant le pas sur les mots qui heurtent un mur infranchissable. Il faut apprendre à se regarder et à laisser ses émotions transparaître sur son visage. Le corps devient une sorte de page blanche sur lequel s’inscrit tout ce qu’il y a à dire, un langage universel.  

 

“Après avoir vu le spectacle, il est possible de découvrir l’autre version de l’histoire : le texte d’Anthony pour les entendants et le texte de Denis pour les sourds. Une captation intégrale du spectacle est disponible avec la voix de Denis sous-titrée et la LSF d’Anthony traduite en directe par Géraldine Berger ? »

Un spectacle écrit et interprété par Anthony Guyon et Denis Plassard et chorégraphié par Denis Plassard.

Visuel : ©Romain Tissot

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Lucine Bastard-Rosset

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