Théâtre

Avignon, J-1, de diable en diable

Avignon, J-1, de diable en diable

06 juillet 2012 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Il y a comme du plomb dans l’air. 30 degrés dès le matin, les cigales à bloc. Le festival commence demain et pourtant  tout est déjà en marche, comme si la ville, pressée, ne souhaitait pas attendre demain.


Sur la route qui mène à la première conférence de presse, les travailleurs du off cravachent, escabeau sur l’épaule, affiches calées sur un diable.

Dans la jolie cour classée du cloître Saint- Louis, nous arrivons au moment où l’artiste associé de cette édition, l’anglais au français parfait Simon Mc Burney présente son  Boulgakov, Le Maître et Marguerite. Le diable sera sur scène, et la musique aussi. Questionné sur sa relation à l’extérieur, puisque le spectacle sera donné dans la cour d’honneur du Palais des Papes qui verra alors passer Staline et Ponce Pilate en personne ou presque, Mc Burney affirme qu’il n’a pas peur de l’air libre, puisqu’il a commencé à faire du théâtre dans les années 70 dans la rue.

Au cœur de ce texte, il ya bien sûr une fantaisie extraordinaire mais il y a surtout le thème de la compassion dont Mc Burney veut s’emparer pour particulièrement, savoir si « les gens ont changé à l’intérieur ». Mais c’est le diable qui viendra nous montrer notre passion pour le matérialisme. La relation entre la science, dans une approche scientifique de la conscience,  et l’art, le théâtre, semble se dessiner comme un thème clé de ce festival.

Lorsqu’il entreprend l’écriture de son monument, l’auteur russe est censuré, il faudra 12 années pour que l’œuvre soit finie, par son épouse, en 1941. C’est une pièce où l’amour côtoie la politique, dans une intemporalité qui devrait aller comme un gant à la cour d’honneur.

Sans grande transition, William Kentridge fait son entrée. Lui qui est artiste multiforme développera toutes les cordes de son arc :  le dessin ( c’est lui qui a signé l’homme rouge de l’affiche ), les films d’animation, la sculpture, la performance, la vidéo et bien évidement le théâtre.

Difficile de savoir ce que l’on verra avec Refuse the hour à part que cela s’annonce génial. Le spectacle couplera la danse et le théâtre dans une relation particulière au souffle. Comme le signalait Simon Mc Burney, le dialogue entre science et art sera central puisqu’il s’interrogera sur la possibilité de matérialiser le temps sur un plateau de théâtre. Pour répondre, il invite le  physicien Peter Galison à la dramaturgie, professeur à l’université d’Harvard. Kentridge sera aussi présent lors d’une exposition, Da Capo à la Chapelle du miracle tous les après-midi. Il nous racontera trois façons de décomposer et de recomposer une image.

A 24h des premières, l’émulation est au maximum, il faut dire que c’est un jour de fête, un jour d’anniversaire. Jean Vilar aurait eu 100 ans cette année, alors, à l’heure ou l’ouverture se prépare, la Maison Jean Vilar s’affole préparant tout le long du festival des rencontres et des lectures «  spécial centenaire »,

Tout cela à l’air diablement appétissant !

Le maître et Marguerite de Simon Mc Burney , COUR D’HONNEUR DU PALAIS DES PAPES , Place du Palais des Papes, 84000 AVIGNON, du 7 au 16 juillet à 22h.

La négation du temps,  de William Kentridge, OPERA – THEATRE , PLACE DE L’HORLOGE , 84000 AVIGNON, du 7 au 13 à 17 h.

Maison Jean Vilar, expositions et spectacles, à 11h, 8 rue de Mons, 84000, Avignon, programme ici

 

 

 

 

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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