Théâtre
Ali Baba et les 40 voleurs, un petit bijou au Nouveau Théâtre de Montreuil

Ali Baba et les 40 voleurs, un petit bijou au Nouveau Théâtre de Montreuil

22 octobre 2012 | PAR Avela Guilloux

La Compagnie de la Cordonnerie investit le Nouveau Théâtre de Montreuil et présente l’un de ses premiers ciné-spectacles, « Ali Baba et les 40 voleurs ». Cette compagnie prouve qu’il est encore possible d’être surpris devant un spectacle jeune public. N’ayons pas peur des mots : ils ont inventé un genre nouveau, le ciné-spectacle de création.

Si le terme de ciné-spectacle peut laisser un peu sceptique, s’il est vrai que l’on peut avoir peur devant le terme  » film muet », il faut se laisser transporter par cette création : la magie opère instantanément.

Imaginez l’histoire d’Ali Baba filmée pour l’occasion et projetée sur un écran, avec une équipe de bruiteurs, musiciens et conteurs qui l’ accompagnent. Samuel Hercule, Métilde Weyergans, Timothy Jolly et Mathieu Ogier habillent  le film. Ce n’est pas du détournement d’images, mais une réelle création  sonore à laquelle on assiste en direct. C’est follement drôle, extrêmement inventif, et très talentueusement éxécuté. On regretterait presque de ne pas la voir assez, cette équipe facétieuse… Ils sont pourtant bien là, sur le plateau, mais on est happés par le film, qui s’avère être un vrai petit bijou cinématographique .

L’histoire ? Vous la connaissez forcément… ou à peu près : Ali Baba et son frère Cassim travaillent dans une station service pelée et passent leur temps dans la douceur fantasque d’un no man’s land de rase campagne, jusqu’au jour où débarquent 40 voleurs crasseux en mobylette.

L’imagerie est délicieusement désuète, les clins d’oeil pour cinéphiles avertis nombreux ( western spaghetti, polars des années 60 etc). Mais ne croyez pas qu’il s’agisse là d’une évocation nostalgique pour adultes en manque de douceur. Ce spectacle replonge les parents dans l’imaginaire de leur propre enfance, et c’est un beau moment de partage avec les enfants, qui gomme les fossés entre les générations. C’est un peu comme l’épisode de Zorro du dimanche soir : intergénérationnel. Seulement dans ce spectacle, le conte est là, bien présent, et toute sa puissance est rendue.

Il reste une représentation de ce réjouissant ovni théâtral au Nouveau Théâtre de Montreuil, ce mercredi 26 octobre. C’est bien dommage, car on aurait voulu jouir plus longtemps d’un tel objet artistique . Si vous ratez la représentation, pas de panique cependant,  deux autres spectacles de la Compagnie de la Cordonnerie, La Barbe Bleue et ( Super) Hamlet, seront présentés à la Maison des Arts de Créteil courant novembre. On se réjouit d’avance !

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Avela Guilloux

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