Théâtre

A Villeneuve-en-scène, Parallèles & Bipèdes va faire un carton

A Villeneuve-en-scène, Parallèles & Bipèdes va faire un carton

10 juillet 2011 | PAR Christophe Candoni

Cinq garçons sur-vitaminés tentent d’inventer un possible « vivre ensemble » dans un environnement apparemment hostile où les repères s’effondrent. C’est ainsi que l’on pourrait résumer la vision du monde délivrée par la compagnie Maboul Distorsion dans son spectacle Parallèles & Bipèdes donné sous chapiteau dans le Verger du Festival « Villeneuve en scène ». La métaphore est traitée avec une bonne dose d’humour et d’invention, c’est réjouissant.

Un grand et haut mur fait de cartons de tailles diverses empilés les uns sur les autres entoure l’espace de jeu semi-circulaire. A partir de ce seul dispositif scénique, les artistes du spectacle explorent une multitude de possibilités de jeu insoupçonnables. On craint que l’imposante construction menace de s’effondrer mais l’existence humaine se révèle bien plus fragile que la forteresse de carton-pâte qui tend à prendre le dessus. C’est en tout cas ce que raconte cette fable délirante et ravageuse qui rivalise avec les meilleurs numéros de clown ou de mime. La mécanique prend tout de suite et le spectacle s’emballe à un rythme effréné. Le comique de situation naît de la répétition, de la rapidité de l’exécution, et surtout de l’engagement total des interprètes. Comédiens circassiens, Mario Hochet, Jean-François Le Gendre, Freddy Mazet, Frédéric Séchet, et Cyrille Thibaudeau sont des artistes complets qui se livrent précisément à un exercice physiquement exigeant, périlleux parfois, bourré de gags imprévisibles et tellement drôles tant leur utilisation et leur détournement des objets (tous fabriqués en carton) sont inhabituels et inventifs.

Aucun signe de vie n’est apparent avant que les cinq personnages se voient brutalement propulsés à l’intérieur de cet énigmatique no man’s land. Ils s’agitent dans tous les sens, entrent et sortent incessamment par des issues bien cachées ou se perdent dans des dédales de boîtes et de parois, tentant d’échapper aux multiples pièges que recèle le mur. L’un est habillé en plagiste, l’autre en cycliste, un autre est en costumes de ville type patron d’entreprise, encore un fait irruption en slip, de la mousse à raser sur les joues. Ils se demandent ce qu’ils font là, l’air totalement ahuri. Sans un mot ou presque, juste des onomatopées – le corps est leur langage – ils communiquent leur égarement, leur besoin nécessaire de domination sur l’autre, leur fuite vers un imaginaire loufoque, décalé, proche de l’absurde.

 

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Christophe Candoni
Christophe est né le 10 mai 1986. Lors de ses études de lettres modernes pendant cinq ans à l’Université d’Amiens, il a validé deux mémoires sur le théâtre de Bernard-Marie Koltès et de Paul Claudel. Actuellement, Christophe Candoni s'apprête à présenter un nouveau master dans les études théâtrales à la Sorbonne Nouvelle (Paris III). Spectateur enthousiaste, curieux et critique, il s’intéresse particulièrement à la mise en scène contemporaine européenne (Warlikowski, Ostermeier…), au théâtre classique et contemporain, au jeu de l’acteur. Il a fait de la musique (pratique le violon) et du théâtre amateur. Ses goûts le portent vers la littérature, l’opéra, et l’Italie.

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