Théâtre
« A Bang », nouvel album de Winston Mc Anuff and the Bazbaz Orchestra

« A Bang », nouvel album de Winston Mc Anuff and the Bazbaz Orchestra

28 juin 2011 | PAR Moriane Morellec

Un pilier du reggae jamaïcain, Winston Mc Anuff s’associe avec the Baz Baz Orchestra mené par Camille Bazbaz pour produire un septième album intitulé A Bang.

« Du reggae pour blousons noirs ? Du dancehall pour hippies ? Et à vrai dire, peu m’importe, juste de la musique libre dans un monde libre… ‘Sky is the limit’, nous répétait souvent Winston pendant l’enregistrement du projet. Il nous aura fallu 6 ans, pour faire cette super-production artisanale qu’est A Bang. A Bang, une explosion entre l’univers de Winston et le mien, une fusion atomique entre son gang et ma bande. » C’est ainsi que Camille Bazbaz présente le nouveau projet avec Winston McAnuff A Bang .

Avec plus de trente ans de carrière derrière lui et surtout connu des spécialistes du reggae roots, Winston McAnuff revient sur le devant de la scène avec A Bang, nouvel album enregistré et produit avec l’auteur-compositeur Camille Bazbaz. D’abord chanteur de gospel dans une église, le jamaïcan a rapidement pris les voies du reggae. Le succès vient en France dans les années 2000 grâce au titre « Malcolm X » qu’il compose pour le chanteur Earl Sixteen. Le label français Makasound le repère alors et décide de rééditer ses deux premiers albums What A Man A Deal With et Pick hits to click ainsi qu’une compilation, Diary Of The Silent Years. Winston McAnuff collabore alors avec divers artistes de la scène rock française, notamment le musicien Camille Bazbaz qui donnera naissance à l’album A Drop, un mélange de rock électronique et de reggae. La collaboration se transformant en amitié, le duo McAnuff-Bazbaz collabore une nouvelle fois pour créer un nouvel album A Bang.

« Walking Razor » ouvre l’album sur une chanson rythmée au refrain entraînant, chantant « she wants out », et où le solo de guitare annonce l’ambiance des titres à suivre. Les racines reggae de Winston McAnuff sont toujours présentes et il ne délaisse jamais ses premiers amours: «  Hey Girl », chanson abordant l’adultère est un reggae lent et touchant; dans « Angela » la très jolie voix de Winston McAnuff est amplifiée par la musique plutôt complexe, les diverses couches d’instruments et les rythmes et sons habilement reggae; « Settle Babylone » explore la douceur des graves, la chaleur du djembé et la recherche dans les textes où les rythmes naviguent avec les idées politiques: « the blind must be lead, the hungry must be fed ».

Winston McAnuff, accompagné de Camille Bazbaz et son orchestre, aborde aussi les diverses tendances musicales rattachées au reggae, créant des ambiances « world » au fil des titres. C’est le titre plutôt ragga « Special Surprise », un peu mystérieux et à la mélodie très catchy qui ouvre le bal de l’ambiance « musiques du monde ». Ensuite, « I Pray », à la limite d’une chanson d’un Buena Vista Social Club crée un antagonisme amusant où «  I pray to Ja Everyday » résonne sur des sonorités sud-américaines. Direction les îles avec « Mr White Shirt », où Winston McAnuff transporte au son d’une musique des îles vraiment exotique où steel drums cohabitent avec … Dans le très rock « Jacob’s Ladder » le groupe varie entre les styles de manière originale, où il explore les rythmes et les mélodies du rock tout en gardant la voix, le timbre et l’accent reggae. Même les sons de jouets pour enfants et de jeux vidéos sont mis à l’honneur dans le très 80s « Toys are us ».

Retour dans la soul avec le beau xylophone de « The path », hommage à la funk dans « Easy Rider » où la basse et l’usage du synthé créent un effet plutôt dansant et mix entre rock et gospel où le picking à la guitare électrique dans les premières notes de « The Bridge » – référence à « Bridge Over Troubled Water » de Simon et Garfunkel – se transforme en gospel envoûtant.

C’est dans « Mary Mary », dernier titre de l’album, que se ressent une véritable complexité et qualité musicale. Une frustration reste cependant, comme si le disque et l’enregistrement figé sur un support physique n’arrivait pas à capturer l’ampleur du talent et l’essence des musiciens. Dans l’ensemble, Winston McAnuff and the Bazbaz Orchestra produisent un album musicalement intéressant, où le groupe varie entre les styles de musique (du monde) pour un resultat original, recherché et d’une grande qualité. A (re)découvrir !

Winston McAnuff and the Bazbaz Orchestra seront à la Nuit Mondomix le 8 juillet au Cabaret Sauvage.

 

Visuels: (c) Ephélide

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Moriane Morellec

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