Opéra
Si tu ne vas pas à Bergame, Bergame viendra à toi…

Si tu ne vas pas à Bergame, Bergame viendra à toi…

02 décembre 2020 | PAR Paul Fourier

Chaque année, à l’automne, dans la petite ville lombarde de Bergame, se tient un festival dédié au compositeur Gaetano Donizetti. Au-delà du fait que cette ville ait été l’une des plus spectaculairement touchées par la première phase de l’épidémie de Covid, le festival est, cette fois, impacté par le confinement et la fermeture au public des salles de spectacles, actuellement en cours en Italie.
Malgré ces obstacles, et alors que le dispositif a été intelligemment adapté, Toute la Culture fait un petit point sur ce que vous pouvez aller voir on line.

Aller au festival Donizetti de Bergame, c’est être immergé durant quelques jours dans une ambiance singulière de petite ville, visiter le musée Donizetti, profiter des balades dans la ville haute et dans la très belle région vallonnée, des petits restaurants et des représentations dans deux superbes théâtres à l’italienne (le Teatro Donizetti et le Teatro Sociale, l’un situé dans la ville basse, l’autre dans la ville haute). Ces plaisirs nous auront été refusés cette année, en raison des circonstances si particulières de cette maudite année 2020.
Pour autant, la direction du festival n’a pas tant que cela réduit ses ambitions. Sur quatre productions d’opéras, trois ont été conservées (La Fille du régiment prévu avec Xabier Anduaga étant renvoyé à 2021), ainsi qu’un gala réunissant les artistes présents sur place.
Ce festival (comme bien d’autres dans la péninsule) est toujours l’occasion de constater la vitalité du chant italien en régions et de la préservation – contre vents et marées – d’une tradition de spectacles d’opéras dans bien des petites villes.
Peu de pays ont maintenu, comme l’Italie, ce contact indispensable avec un public qui vit, ailleurs, très mal d’être privé de sa nourriture artistique. À l’instar de Bergame, l’Opéra de Florence a filmé son Otello (avec Marina Rebeka, Fabio Sartori et Luca Salsi) et celui de Naples, son Cavalleria Rusticana avec Elina Garanca, Jonas Kaufmann, Claudio Sgura, Elena Zilio et Maria Agresta).

Cette année, donc, il faut aller sur le site de la web TV du festival pour profiter des spectacles proposés (en se rappelant que l’art n’étant pas gratuit et ne devant pas l’être, une participation ou une donation est toujours bienvenue).
Pour ces représentations, l’absence du public a permis aux artistes d’investir le parterre… et aux spectateurs de profiter de très belles vues sur les théâtres et leurs loges !

Incontestablement, pour cette édition, le spectacle à ne pas rater est l’Opéra Marino Faliero, véritable chef-d’œuvre que Donizetti écrivit en 1835 (la même année que Lucia di Lammermoor) pour le Théâtre Italien de Paris, où il succéda aux Puritani de Bellini avec de surcroît, le plus beau quatuor de chanteurs que l’on put rêver (Lablache, Grisi, Rubini et Tamburini).
La partition est magnifique et si la distribution du jour ne peut rivaliser avec son ancêtre, le vétéran Michele Pertusi et le talentueux ténor Michele Angelini (qui remplacent respectivement Alex Esposito et Javier Camarena, initialement prévus), Francesca Dotto et Bogdan Baciu, dirigés par l’excellent Riccardo Frizza, rendent tout à fait honneur à la pièce. À ne pas manquer, donc !

On sera beaucoup plus réservé sur le Belisario qui fut présenté l’année suivante à Venise, où le compositeur ne fit pas preuve de la même excellence. D’autant que la distribution réunie (Simon Lim, Roberto Frontali – remplaçant Placido Domingo malade -, Carmela Remigio, Annalisa Stroppa et Celso Albelo) ne suffit pas, tant s’en faut, à sublimer l’œuvre. Dispensable donc.

On se rabattra, en revanche, avec plaisir, sur Le nozze in villa, savoureux opéra bouffe – et troisième œuvre de la carrière de Donizetti (1821) – qui s’inscrit encore largement dans une veine rossinienne, et est servi par une équipe sympathique (Gaia Petrone, Omar Montanari, Fabio Capitanucci, Giorgio Misseri, Manuela Custer, Claudia Urru, Daniele Lettieri) et une direction énergique, celle de Stefano Montanari.
Enfin, les plus mordus pourront regarder le gala proposé le 29 novembre, réunissant de nombreux artistes et présentant un florilège de quelques airs et morceaux musicaux du maître.

Ces plaisirs sous forme de streaming seront l’occasion de prendre date et de se préparer à une édition 2021 qui, espérons-le, se passera sous de meilleurs auspices.

© Gianfranco Rota

« La Maison Blanche », précis de POTUSologie
Sébastien Vidal : « Nous sommes en position de combat »
Paul Fourier

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Toute La Culture