Opéra

« Les Chevaliers de la table ronde » au Théâtre de l’Athénée : joyeuse (re) découverte d’une opérette

« Les Chevaliers de la table ronde » au Théâtre de l’Athénée : joyeuse (re) découverte d’une opérette

22 décembre 2016 | PAR Julien Coquet

Sous l’égide du Palazzetto Bru Zane, la production de l’opérette de Hervé qui tourne déjà depuis quelques temps arrive enfin à Paris au Théâtre de l’Athénée. De quoi se replonger dans cette opérette qui ne dépareille pas face au génie d’Offenbach.

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L’œuvre fut un grand succès, puis peu à peu oubliée, comme il en va souvent dans le domaine de l’art lyrique. Le Palazzetto Bru Zanne, qui a pour tâche de faire redécouvrir le patrimoine musical français du romantisme, a proposé à Pierre-André Weitz, fidèle assistant d’Olivier Py, la production des Chevaliers de la table ronde. Le metteur en scène choisit un décor unique pour les trois actes : tout est parcouru de rayures noires et blanches qui rappellent, sur les chevaliers, les insignes d’un club de foot.

On se réjouit souvent des trouvailles du metteur en scène, des chorégraphies lors des ensembles et on rigolera souvent à certains gags bien trouvés et bien placés dans l’ouvrage. Cependant, la surabondance de mouvements est fatigante pour le spectateur. Cette surenchère nuit à la musique qui, pourtant, n’a rien à envier à certaines œuvres d’Offenbach. De plus, certains traits d’humour relèvent plutôt de la « potacherie » et le spectacle frise quelques fois avec la vulgarité.

Sans surtitres, les treize chanteurs se font comprendre sans problèmes et livrent de très belles prestations. Chantal Santon Jeffery est une Mélusine à la fois effrayante et charmeuse, à l’accent italien et aux vocalises impressionnantes. Le pauvre Roland (Samy Camps), chevalier errant, à l’accent des banlieues, aux bigoudis roses dans les cheveux et aux amples joggings, fait bien rire le public tout en livrant une voix de soprano tout à fait convenable. On pourra aussi fortement applaudir le Médor de Manuel Nuñez Camelino qui livre une belle performance scénique en tant que jeune ménestrel et de beaux aigus lors de ses interventions lors des quelques duos avec Angélique. Cette dernière, incarnée par Lara Neumann, véritable actrice et princesse capricieuse, livre elle aussi des aigus impressionnants. Finissons la distribution sur la très impressionnante performance de Damien Bigourdan dans le rôle de Rodomont. Certes, l’acteur parfois surjoue, mais il a été dirigé comme tel. Ce qui est à retenir est son incroyable volume sonore, faisant très souvent applaudir le public.

Enfin, la direction de Christophe Grapperon rend justice à la partition et la transcription de Thibault Perrine pour un petit orchestre ne dessert pas l’œuvre de Hervé, « le compositeur Toqué ». Si vous souhaitez passer un bon moment pour les fêtes : courrez au Théâtre de l’Athénée avant le 7 janvier !

Visuel: ©Guillaume Bonnaud

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Julien Coquet

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