Opéra
L’Elixir d’Amour à l’Opéra National de Paris : Un triomphe annoncé !

L’Elixir d’Amour à l’Opéra National de Paris : Un triomphe annoncé !

29 septembre 2021 | PAR Jean-Christophe Mary

Cette reprise de L’Elisir d’amore de Gaetano Donizetti est présentée à l’Opéra National de Paris jusqu’au 09 novembre dans une mise en scène champêtre et pétillante signée Laurent Pelly. Un plaisir renouvelé et une œuvre idéale pour faire ses premiers pas à l’opéra.

« Dans mes souvenirs, la campagne est plutôt associée aux grandes vacances à la parenthèse de l’été, aux jeux… La campagne, l’enfance le jeu : c’est ce fil que nous avons tiré pour tricoter l’univers de cet « Élixir d’Amour«  » (Laurent Pelly).

Nous sommes dans un village perdu dans la campagne italienne au milieu des 60’s. Sur scène côté jardin, une auberge posée sur une route que traverse parfois un chien. Côté cour, une énorme meule de foin fraichement coupée. Rien d’autre. Ainsi démarre la mise en scène de Laurent Pelly. Le paysage est si désertique que l’arrivée vrombissante du « Docteur » Dulcamara, fait sensation. Et pour cause… il se dit que le « docteur » serait l’inventeur d’un mystérieux philtre d’amour… Seulement les philtres d’amour provoquent parfois de terribles tragédies. Ils peuvent aussi être prétextes à cette comédie tendre où le sergent Belcore et le timide Nemorino se disputent le cœur de la belle Adina.

Écrit en quatorze jours seulement par Gaetano Donizetti (partition) et Felice Romani (livret), L’Elisir d’amore est un opéra en deux actes tiré du livret écrit par Eugène Scribe. Il a été joué pour la première fois au Teatro della Canobbiana de Milan le 12 mai 1832. Et on ne le dira jamais assez, cet opéra est l’un des plus accessibles du répertoire classique.

L’opéra est servi pour cette nouvelle reprise par une distribution haute couture

Le ténor américain Matthew Polenzani interprète un Nemorino alliant belle musicalité à un jeu d’acteur tout en émotion. La voix est vibrante, claire, toute en nuances délicates. Dans la seconde partie, le ténor est particulièrement touchant dans la scène où il livre un grand moment d’émotion avec son « Furtiva lagrima » .

Adina, la belle et riche fermière, campée par Sydney Mancasola est pétillante à souhait, espiègle et sémillante. C’est un régal de chaque instant pour les oreilles et pour les yeux. La soprano virevolte comme une elfe, pleine de charme et de malice et fait des merveilles vocales dans le registre du belcanto.

Carlo Lepore endosse lui le rôle du bouffon, le Dottor Dulcamara avec de très belles notes de baryton basses et une grande aisance scénique. Son interprétation, vocalement impeccable, est aussi fourbe et roublarde que pleine de charme.

Le plateau et les costumes de Chantal Thomas nous replongent dans une campagne italienne, entre réalisme champêtre et  fantastique avec ce décor de botte de foin monumental qui fait de cette histoire, une comédie loufoque pleine de vitalité, criante de vérité sur les rapports amoureux. Cette reprise est un triomphe annoncé, autant pour la scénographie colorée et vitaminée de Laurent Pelly, réputé pour le souffle et la précision de ses mises en scène que par la direction d’orchestre de Giampaolo Bisanti qui reçoit une belle ovation. Pensez à réserver !

L’Elisir d’amore de Gaetano Donizetti du 28 septembre au 9 novembre à l’Opéra Bastille.

Visuel : © Emilie Brouchon / ONP

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Jean-Christophe Mary

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