Danse

Vertical Road : Akram Khan tout en puissance

Vertical Road : Akram Khan tout en puissance

05 mars 2011 | PAR Alienor de Foucaud

L’ancien élève d’Anne-Teresa de Keersmaeker est l’invité du Théâtre de la Ville en ce mois de mars. Avec sa compagnie, créée en l’an 2000, il offre au public parisien une création hors-normes, d’une force tellurique, à la croisée des mondes et des cultures. On en redemande.

 

Né à Londres, d’une famille bangladaise, Akram Khan a d’abord fourbi son corps, très jeune, aux arcanes du Kathak, danse originaire du sud de l’Inde. Croisant tradition et innovation, il a su fusionner la motricité de ses origines et les multiples affluents de la danse contemporaine. Trouvant dans d’autres disciplines de fécondes correspondances, il s’est ouvert à de stimulantes collaborations avec d’autres danseurs et chorégraphes tels Sylvie Guillem, Sidi Larbi Cherkaoui sans oublier le duo In-I avec l’actrice Juliette Binoche ou encore sa participation sur la tournée de Kylie Minogue, Showgirl, en 2006. Cette diversité culturelle est omniprésente dans le travail du chorégraphe, et se retrouve dans Vertical Road.

 

Créée en septembre 2010 au Curve Theatre de Leicester avec huit danseurs venus d’Asie, d’Europe et du Proche-Orient, Vertical Road forme un chœur vibrant à l’unisson de ses membres. La danse apparaît sous une lumière crue, les danseurs émanent dans une fumée blanche, la musique se fait quasi mystique. En fond de scène, une membrane sépare deux mondes, signalant l’existence d’un ailleurs, d’un au-delà. De l’autre côté, des silhouettes et des ombres se laissent entrevoir. Energique, puissante, la danse semble relever d’un rite et les danseurs appartenir à une tribu lointaine, dont la gestuelle semble être codifiée. Les martèlements lancinants de la musique de Nitin Sawhney scandent les frappés d’un peuple venu d’un autre monde.

Entre chamanisme et rituels anciens, la danse bascule vers le mysticisme. Esthétique, la chorégraphie devient une cérémonie à part entière. Les chutes et les courses effrénées des danseurs laissent place à des phases de recueillement. Tout en contrastes, cette création surprend par sa force et son élan. Un vent nouveau souffle sur la danse, le corps de la création contemporaine semble être porté par une âme, en quête d’un au-delà. Les pulsions de ce voyage résonnent dans la création d’Akram Khan qui dit s’être abreuvé à la source du poète et philosophe Roumi, instigateur du soufisme. Il ajoute être parti en quête d’un chemin spirituel qui s’opposerait à l’horizontalité de la vie profane.

Avec cette nouvelle création, Akram Khan confirme son talent de chorégraphe, mais aussi de père spirituel. Vertical Road n’est pas seulement une danse mais un état d’esprit, une vision du monde, apportant une inspiration exaltante à la création contemporaine. La puissance de ces danseurs nous confortent dans la croyance et l’assurance que la danse ouvre le monde vers un au-delà désormais accessible pas la communion des corps.

Plus d’informations sur la programmation du Théâtre de la Ville: ici

Nouvel album de R.E.M. en écoute: Retour vers le futur
Le Festival Chorus
Alienor de Foucaud

2 thoughts on “Vertical Road : Akram Khan tout en puissance”

Commentaire(s)

  • esther

    Je suis jalouse! je veux y aller aussi! pas de jours libres, plus de place :(
    Sublime article Mademoiselle, comme toujours!

    mars 6, 2011 at 17 h 41 min

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