Danse
Une nuit balinaise à Chaillot

Une nuit balinaise à Chaillot

03 octobre 2012 | PAR Ruben Moutot

Le spectacle de Sebatu entend recréer la pure tradition balinaise et nous faire voyager à travers la culture de la petite île paradisiaque. Si les costumes et les danses contribuent indéniablement à l’ambiance, le rythme peine à s’instaurer, la durée alourdit la chose, et l’aspect anthropologique donne davantage des allures de « show touristique » que de véritable évasion asiatique.

La salle parisienne désormais spécialiste de la danse contemporaine renoue avec ses liens historiques en proposant une oeuvre folklopopulaire. Ce spectacle de danse balinaise nous fait marcher sur les traces du poète Antonin Artaud et de l’exposition universelle de Paris de 1931. Il reconstitue ainsi en trois parties cette fresque légendaire passée. Durant la première, on se familiarise avec les danses solistes et le gamelan balinais. Puis on découvre, dans la seconde, le théâtre dansé des dieux des hommes. Enfin, au cours de la dernière, on assiste à un traditionnel drame musical ancien.

Nous devons attendre la vingtième minute avant de voir les premiers danseurs et il faut bien reconnaître que l’on s’impatiente un peu lorsqu’on ne fait que profiter des instruments de musiques, pour le moins typiques mais néanmoins répétitifs. Les costumes, qui sont particulièrement splendides, ne peuvent être véritablement appréciés que si l’on est placé à une distance raisonnable de la scène. Enfin, les danses sont, certes, belles mais l’on ne sent pas de renouvellement notoire pour un spectacle qui dure tout de même plus de trois heures…

La représentation déborde de créativité et propose un voyage initiatique souvent dépaysant pour un public avide de découvertes. Mais si l’intention de faire mieux connaître la trop méconnue culture balinaise à travers ses plus remarquables danses ou pièces de théâtre est louable, la forme poussive de la représentation qui s’étale sur près de 3 heures nuit à la clarté du propos. Chacun connait la triviale expression « le mieux est l’ennemi du bien » . De toute évidence, les metteurs en scène de ce spectacle ont été très ambitieux mais ont noyé leurs bonnes idées sous un amas d’éléments inutiles.

 

 

Salle Jean Vilar

Durée : 3h30 avec entractes

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