Danse

« Together_till the end » : la transe répétitive d’Arno Schuitemaker

« Together_till the end » : la transe répétitive d’Arno Schuitemaker

25 mars 2019 | PAR Simon Théodore

Dans le cadre du Festival EXTRADANSE de Strasbourg, le chorégraphe néerlandais Arno Schuitemaker proposait un spectacle de danse contemporaine. D’une courte durée (environ vingt minutes), cette forme de performance interprétée par un duo de danseurs possède les bons et les mauvais côtés d’une transe répétitive.

Après Exit (2009), Tide (2011) ou encore While we Strive (2015), le chorégraphe Arno Schuitemaker met en scène un duo de danseurs dont l’objectif est, à travers leurs faits et gestes, de symboliser un transfert d’énergie. Rythmé par une musique répétitive et hypnotique, durant laquelle on pourrait imaginer les crépitements de flux électriques ou les échos d’un sonar, les deux corps gesticulent de haut en bas et de bas en haut, passent d’un état à l’autre et semblent s’échanger quelque chose de pesant.

Très contemporaine, cette danse possède les qualités et les défauts du genre. Sans aucun doute, les prouesses techniques et physiques des deux interprètes sont justes et impressionnantes. Durant les longues minutes d’ouverture, les corps se meuvent mais les pieds semblent être ancrés dans le sol. Progressivement, les rythmes cardiaques s’accélèrent et la difficulté de l’exercice s’observe à la vue de ces corps inspirant et expirant.

Cependant, bien qu’apportant au début un effet visuel intéressant, cette chorégraphie répétitive, faite de ronds et de gestes brusques peut apparaître comme lassante pour le non-initié. En dépit du transfert d’énergie symbolisé en milieu de prestation par le face à face des danseurs, offrant ainsi une variation dans la forme, l’ensemble permet difficilement de comprendre le fond du projet d’Arno Schuitemaker. Seul l’épilogue de ce court spectacle, qui voit progressivement le rythme se ralentir, ouvre des perspectives d’interprétations. Les corps ne sont plus dans la frénésie mais subissent le poids de cette énergie transférée. L’ambiance presque post-apocalyptique, instaurée par la bande son et contrastée par le bruit du souffle d’Ivan Ugrin et de Quentin Roger, interrogent alors la place de l’humain dans l’univers de ce chorégraphe néerlandais.

En somme, cette performance de danse contemporaine est agréable à regarder mais peu immersive pour le spectateur. Malgré une chorégraphie caractérisée par la répétition, forme esthétique dont il faut être adepte, les qualités physiques sont néanmoins à saluer.  Together_till the end résonne donc plus par l’univers et l’ambiance qu’il propose que par le message qu’il transmet.

Visuel : (c) Alwin Poiana

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