Danse

Sujets à Vif [A], dans le vif de la guerre et de l’amour

Sujets à Vif [A], dans le vif de la guerre et de l’amour

10 juillet 2012 | PAR Amelie Blaustein Niddam

La SACD est au festival d’Avignon, cela ne vous a pas échappé. A 11h et à 18h au Jardin de la Vierge du Lycée Saint-Joseph elle presente ses « sujets à vif » soit huit formes courtes et interdisciplinaires créées pour l’occasion comme une sorte de carte blanche ou la seule contrainte imposée est celle du temps relativement bref qui est imparti. Le programme A est à voir le matin et vous emmènera d’un Hamlet venu des Balkans à une grotte où un monstre vit avec une fille. Éclectique !

11h- Sonata Hamlet

Une commande à Mitia Fedotenko

Deux tables lourdes, un panneau transparent derrière lequel on trouve le guitariste Bertrand Blessing. Dans un coin, des costumes de théâtre, ceux d’Hamlet version Heiner Müller. Nous voilà en pleine guerre civile, Sarajevo peut-être. Les barricades se montent, le danseur caoutchouc, Mitia Fedotenko escalade, grimpe, rampe, se cambre, se contorsionne et raconte l’histoire. C’est la guerre, les morts, les prisons, les bruits de portes blindées. Tout vient du plateau où le danseur manipule comme un fardeau d’exilé ses tables hautes comme trois hommes.

Le danseur réivente son Hamlet dans un geste puissant où la musique et la voix sont reines. Poignant.

11H30- La fille

Une commande à Michäel Allibert

C’est peu dire que l’ambiance change radicalement par rapport au travail de Mitia Fedotenko. Ils sont deux sur une scène comme une chambre d’ado : posters de people au mur et bontempi devant. Ils jouent une musique basique en bougeant comme en boîte de nuit.

Elle, Aude Lachaise est danseuse, elle est en ce mois de juillet joliment et très visiblement enceinte, alors elle se fait plutôt récitante d’une histoire fort rigolote. Nous voilà à 11h30, à l’ombre des arbres et sous la surveillance de la vierge au jardin éponyme en train d’écouter un conte de fée pas tout à fait pour les enfants.

Il était donc une fois une fille liée à un monstre, un vrai à mini-pénis multiples. Le prince l’a visiblement larguée. Elle raconte avec une implication sérieuse qui provoque le rire, lui dansant et bruitant.

La morale de cette histoire : « quand elle pense au prince charmant avec son énorme sabre d’or , son coeur bat comme un hématome ». Ainsi, les princesses ne sont pas forcément dans les châteaux et les salauds pas ceux qu’on croit ! C’est frais, c’est bien fait mais ce second Sujet n’a pas la force du premier.

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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