Danse
Les Étés de la danse : top départ

Les Étés de la danse : top départ

10 juillet 2011 | PAR Alienor de Foucaud

La septième édition du Festival des Étés de la danse a donné le « la » mercredi dernier. Cette année, le Miami City Ballet est l’invité d’honneur, avec une programmation riche, de Balanchine à Jérôme Robbins, accompagné de l’Orchestre Prométhée. Le rendez-vous phare de l’été culturel de Paris s’annonce haut en couleurs et continue de nous faire rêver.

Dirigée par le danseur et chorégraphe Edward Villella depuis sa création en 1985, le Miami City Ballet est l’une des plus importantes compagnies de ballet des Etats-Unis. La compagnie réside au sud de la Floride et se compose d’une cinquantaine de danseurs internationaux. Essentiellement balanchinienne, elle mêle à son répertoire classique des ballets moins connues. Cette invitation parisienne est très symbolique pour cette école ; on se souvient que c’est ici que Diaghilev fit de Balanchine, âgé seulement de 24 ans, son maître de ballet.

Jeudi soir, deux célèbres ballets de Balanchine étaient présentés. Square Dance et La Valse, ainsi qu’une création de Twyla Tharp, In The Upper Room. Un instant de grâce qui laissa une salle pantois devant tant de magie. Square Dance relève de la tendance moderniste de Balanchine, recherchant le dépouillement et la simplicité dans un ballet « en noir et blanc », presque graphique, présentant sur un plateau nu les danseurs en tenue de répétition se détachant sur un fond clair : « de la danse, seulement de la danse à l’écoute de la musique » entonnait le chorégraphe. Inspirée des danse irlandaises, appelées « quadrilles » (les couples forment un carré, et se présentent sur deux lignes, face à face), Square Dance requiert de la part des danseurs une technique particulièrement rapide des pieds, enchaînant entrechats trois, coupés et arabesques, dans une précision, une finesse et une légèreté déconcertante. Un magnifique concerto de Vivaldi accompagne les danseurs dans cette pureté originelle.

Plus dramatique, sombre et romantique, La Valse est un de quelques ballets de Balanchine à raconter une « histoire » teintée – ici – de fantastique. Une salle de bal au cœur de l’Europe Centrale, dans l’atmosphère décadente des années 30 : tour à tour fondu dans la masse, où se détachant, chaque couple révèle une histoire personnelle valsant comme enchaîné dans un flot impétueux. C’est le crescendo infernal, la danse se fait dramatique, un tourbillon fou qu’on ne peut arrêter, manège fatal. « Une danse sur un volcan », disait Ravel, de façon prémonitoire. L’Europe des années 30 se divertit dans la futilité, avant que n’éclosent de terribles évènements.

Enfin, In The Upper Room fit trembler le théâtre, debout pour saluer tant de virtuosité et de dextérité. Les danseurs, revêtus de chemises rayées et de sneakers, déferlant par vagues successives, déclinent à toute allure l’inventaire des mouvements du corps, sollicités par la technique classique et/ou jazz. Ils sont comme des formes cinétiques rouges, noires et blanches, surgissant du brouillard pour s’y dissoudre par deux, par trois, par groupes entiers, de façon incessante et irrésistible, sur la musique obsédante de Philip Glass.

Programmation et réservation en ligne: ici

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Alienor de Foucaud

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