Danse

La création américaine mise à l’honneur au Théâtre de la Ville

23 mai 2010 | PAR Alienor de Foucaud

Le Ballet de L’Opéra de Lyon possède un répertoire riche. Cette semaine, il présente au Théâtre de la Ville trois chorégraphes américains, mis à l’honneur pour l’occasion. Ralph Lemon, à l’origine du concept « Cross Performance », au croisement des cultures et des supports ; le pionnier de la danse contemporaine, Merce Cunningham ainsi que la chorégraphe Trisha Brown, fondatrice du Judson Dance Theatre. Trois noms, trois créations, trois conceptions.

En Septembre 2009, Ralph Lemon créé Rescuing The Princess, renouant avec la composition chorégraphique. Le titre de la pièce fait allusion à l’histoire personnelle du chorégraphe, ayant consacré les deux années passées à accompagner la fin de vie de son amie, danseuse. La chorégraphie se construit à partir d’improvisations des danseurs, semblant imprégnées de cette urgence qu’implique le temps compté. Contorsions, recroquevillements, replis sur soi, courses effrénées, envols, élans ; une volonté de se battre, jusqu’à la chute.

Les danseurs appréhendent leurs corps, le découvrent. Poids, souffle, balancier. Trois thématiques exploitées dans un mouvement de présence-absence, les interprètes dansent en parallèle mais ne se rejoignent pas. Le corps est matériau, les articulations se déploient, et les danseurs, tels des marionnettes dissocient les parties de leurs corps, jambes et bras sont autonomes: le corps est langage. Un climat d’empathie communicative, où séquences dansées et images projetées surgissent comme des souvenirs, des réminiscences.

Du géant Merce, Le Ballet de l’Opéra de Lyon apprivoise Beach Birds, qui, à sa façon vient s’inscrire dans l’hommage rendu par le Théâtre de la Ville, au chorégraphe disparu l’été dernier. Des oiseaux se sont glissés dans la peau des danseurs à l’élégance gracile, dans des combinaisons ou le blanc et noir habille jusqu’aux doigts. Le chorégraphe disait avoir voulu « donner des bars » à la danse. On retrouve la même grammaire du maître : espace et circulation,  suspensions et équilibres, extension du mouvement et sauts.

Le calme et la plénitude qui règnent sur scène, la grâce et la simplicité de la danse, qui portent l’ensemble chorégraphique font de l’œuvre de Cunningham, une Invitation au voyage, « luxe, calme et volupté. » Sur une partition de John Cage, son compagnon et collaborateur, Merce Cunningham utilisait pour la première fois, toutes les possibilités du logiciel LifeForms ; la poésie à l’œuvre dans sa gestuelle s’en accommode avec une aisance nouvelle.

Set and Reset est considéré comme l’un des chefs- d’œuvre de Trisha Brown, figure de l’après modern dance, qui multiplia les collaborations comme le plasticien Robert Rauschenberg, à l’origine de ce ballet, et la musicienne Laurie Anderson. Depuis la chorégraphe a repensé son ouvrage pour le Ballet de l’Opéra de Lyon, Set and Reset/Reset : l’art majuscule de l’américaine prend une nouvelle dimension.

Trisha Brown donna comme point de départ un ensemble d’instructions dont chaque interprète s’inspire pour porter la création à des sommets d’émotion et de fluidité. Une gestuelle continue qui happe le spectateur dans une rêverie poétique qui traverse le temps. La légèreté des costumes de lin d’Adeline André donne un souffle à la chorégraphie, qui tend vers une émanation divine.

C’est un trio d’as que le Théâtre de la Ville présente au public parisien pour un fascinant voyage en danse américaine.

Ralph Lemon/Merce Cunningham/Trisha Brown, Ballet de L’Opéra de Lyon, jusqu’au 23 Mai.

www.thatredelaville-paris.com

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Alienor de Foucaud

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