Danse

Festival Reims Scènes d’Europe : sublime Cendrillon du Grand Théâtre de Genève

Festival Reims Scènes d’Europe : sublime Cendrillon du Grand Théâtre de Genève

06 décembre 2011 | PAR Amelie Terranera

Dans le cadre du festival Reims Scènes d’Europe, nous avons eu l’extrême plaisir de découvrir, sous la coupole art déco de l’Opéra rémois, le ballet Cendrillon du Grand Théâtre de Genève. Retour sur un spectacle féerique à l’humour décalé qui célèbre le personnage complexe et d’actualité de la jeune orpheline, devenue princesse.


Le rideau se lève sur la scénographie sombre et épurée de Bruno Lavenère. Un amas de fibres végétales forme un îlot surmonté de deux arbres morts. Ce piédestal naturel est le refuge de Cendrillon, la souillon nettoyeuse de cendres.

Cette Cendrillon, brune, au charme asiatique, incarnée par la danseuse Yu Otagaki, évolue dans un décor tout en jeux de transparence et de brillance : plusieurs rideaux  de perles étincelantes entourent l’îlot central et représentent en trompe-l’œil un arbre majestueux, symbole du caractère naturel et sincère de Cendrillon, et du temps qui passe, facteur solidifiant de l’amour.

Les seules touches de couleurs qui parsèment ce noir tableau sont les robes et les voiles des deux sœurs de Cendrillon et de leurs dames de compagnie. Ces dernières minaudent avec leurs parures tandis que leur servante de sœur croule sous les taches ménagères. Face à une Cendrillon triste et mélancolique, ces demoiselles charment avec une danse des voiles virevoltante et multicolore. Si la synchronisation de leur démonstration de grâce n’était pas parfaite, elles ont pour le moins incarné admirablement leur position de jeunes femmes à marier qui aspirent à trouver un mari, voire un époux princier.

 

On ne boude pas non plus son plaisir de reconnaître les scènes emblématiques du conte qui sont les 12 coups de minuit (jouée par des hommes horloges) et l’essayage de la pantoufle de Cendrillon par une foule mixte de prétendants aussi bruyants que déments. Si l’on retrouve le canevas initial de Cendrillon, on apprécie doublement les prises de distance du Ballet du Grand Théâtre de Genève. Dans ses rêves, Cendrillon ne fait pas connaissance avec sa marraine la bonne fée mais elle est aidée par cinq éphèbes étincelants,  vêtus de boxers blancs immaculés qui apparaissent tels des lutins malicieux.

 

 

Le ballet est un mélange réussi de danse contemporaine et de danse classique, qui laisse la part belle aux scènes de groupe : vitalité des cinq « bonnes fées », délicatesse des demoiselles à marier, pétulance des majordomes… L’humour est aussi très présent dans ce ballet mythique de Prokofiev. Le Prince se joue de ses conquêtes, des hommes souhaitent essayer la pantoufle de Cendrillon pour tenter d’épouser ce dernier, une des sœurs de Cendrillon s’est vue séduire d’une façon peu galante ! Le chorégraphe Michel Kelemenis a donné de la consistance aux personnages, les enfantillages d’amoureux qui se découvrent se sont transformés en véritable danse sensuelle.

 

 

Dans la scène finale, Cendrillon et le Prince, Damiano Artale, se retrouvent à demi-nus. Tandis qu’un drap blanc symbolise la robe de mariée de la princesse, et que les doigts des amants s’entremêlent, cette vision de nudité nous évoque indéniablement le mythe d’Adam et Ève. Ces légendes d’Ève et de Cendrillon se font écho : le mythe fondateur et le mythe littéraire célèbrent le triomphe de l’amour.

Si Cendrillon du Grand Théâtre de Genève prend ses distances avec le conte de Perrault, et l’imaginaire disneyien, ce ballet ne manque pas pour autant de féerie. La magie et l’effervescence de ce spectacle subliment le caractère naturellement bon du personnage de Cendrillon, qui garde un sourire merveilleux malgré les épreuves.

 

 

 

 

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Amelie Terranera

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