Danse
« En la memoria del cante. 1922 », hommage enflammé

« En la memoria del cante. 1922 », hommage enflammé

24 mars 2015 | PAR Marie Boëda

Le ballet Flamenco de Andalucia est une des troupes de flamenco les plus réputées aujourd’hui.  A l’occasion de la deuxième biennale d’art flamenco, le ballet est venu scander la scène de Chaillot , on comprend pourquoi il est tant légitime à l’international. Rafaela Carrasco, danseuse poignante et directrice de la compagnie fait revivre un socle symbolique du flamenco, un concours historique, le premier Concurso de Cante Jondo, ce sur quoi la biennale a fermé ses portes dimanche 22 mars.

Une heure quinze de transe dans l’enceinte de l’ancien TNP qui rend hommage au premier concours de chant flamenco en 1922 à Grenade. La troupe de Andalucia revient sur des artistes qui ont redonné sa splendeur au flamenco. Ce concours avait été organisé par Federico Garcia Lorca et le compositeur Manuel de Falla et a permis de découvrir notamment la voix de Diego Bermudez Calas, connu sous le nom d’ « El Tenazas ».

Hommage vivant : retour aux racines populaires

Un dispositif scénique simple, costume traditionnel, estrade et chaises sur la scène, une mise en abyme de la scène rappelle l’événement, le concours de chant « profond ». A l’issue du spectacle, ce ne sont pas des images qui nous restent mais des sensations. Impossible de regarder le flamenco, on ne peut que le vivre lorsqu’on est face à des danseurs comme ceux de la troupe  de Andalucia.

Le spectacle est certes très chorégraphié, différent donc des représentations traditionnelles de flamenco, mais la force viscérale qui se dégage des danseurs est un vrai remède à l’inaction, le public n’est pas passif. Parfois un « olé » s’échappe spontanément d’un spectateur, les corps assis semblent être prêts à bondir et à suivre les danses passionnées à tout moment. Les tableaux varient entre une danse en soliste puis en groupe. Les danseurs, assis en cercle, rappellent une fête de village, retour peut-être aux prémices de cet art.

Qualité artistique indéniable

Les danseurs mélangent parfaitement grâce et dureté, la précision et la fulgurance de leur mouvement restent incrustées dans nos veines. Ils défient le public d’un regard ténébreux pour repartir avec un sourire chaleureux caché par des bras interminables et charismatiques. La technique des pieds semble excellente, rapidité et endurance font du spectacle un réel hommage à l’exigence du flamenco.

Guitare et chant s’accordent parfaitement ; les trois socles du flamenco chant, guitare et musique sont symbolisés par les artistes. Deux musiciens laissent glisser leurs doigts agiles sur les cordes de leur guitare moyennant des notes douces et rythmées tandis que les chanteurs s’imposent sur scène de leur voix profondes et claires libérant la souffrance que l’art du flamenco tente d’extérioriser.

(c) Luis Castilla

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Marie Boëda

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