Danse

Danza 220 v, le flamenco brut et contemporain à Paris Quartier d’été

21 juillet 2012 | PAR Yaël Hirsch

Le Festival Paris Quartier d’été qui avait présenté Israël Galvan au public de la capitale française (et le produit à nouveau la semaine prochaine) propose cette année de découvrir de nouveaux talents chorégraphiques. En partenariat avec le théâtre de l’Athénée, deux spectacles de danse sont présentés coup sur coup à 20h et 22h les vendredi et samedi de juillet. Ces 20 et 21 juillet, à 22h, le duo hispanique Rafael Estevez et Nani Panos présentaient un spectacle à la fois ultra-contemporain et qui revient aux origines mêmes du flamenco. Un immense moment de danse à ne manquer sous aucun prétexte demain soir.

Duo étonnant que l’imposant Rafael Estevez et le filiforme Nani Panos. L’un semble porter tout le poids d’une longue tradition qu’il fait vibrer jusqu’au bout de ses doigts. L’autre semble tout simplement voler. Entourés par le danseur et chorégraphe Antonio Ruz (qui réalise une performance éblouissante au sol), la chanteuse Sandra Carrasco et la musique électro minimale du groupe Aromatico, ils livrent dans la pénombre un spectacle grandiose.

Macabre et violent, aiguisé comme un caprice de Goya, utilisant le bruit de basse d’un petit ordinateur et celui des corps qui dansent- mais aussi qui tombent- pour battre la sycope, Danza 220 v est en fait tellement respectueux de la tradition chorégraphique dans laquelle il s’inscrit qu’il arrive à une sorte de pureté nerveuse qui fait basculer dans un au-delà.

Pas de grande robe rouge à volants, pas de guitare, donc dans ce spectacle de Nuevo Flamenco et si jamais des castagnettes, c’est pour racler le sol. Ce sont les pieds quand ils sont chaussés, les mains quand elles battent la poitrine, les respirations rapides des poitrines fatiguées, la voix brulante a cappella de Sandra Carrasco et de temps en temps un inattendu « Olé », qui donnent la mesure de ce qui se joue. Ce qui se danse, assis, allongé et quand ils se meuvent ensemble, les trois hommes s’agrippant aux corps des autres pour se soutenir. C’est seulement à la fin qu’éclate une musique baroque, parfaitement équilibrée et que les 3 danseurs reprennent de concert des mouvements parfaitement synchroniser… qui se font de plus en plus mécaniques et de plus en plus tangage, à mesure que la pénombre se transforme en ténèbres annonçant la fin d’une heure de bouleversante intensité.

Danza 220 v, Danseurs et chorégraphes : Rafael Estévez, Nani Paños, Antonio Ruz, Musique : Artomatico, Chanteuse : Sandra Carrasco, Lumières : Agnether Tellefsen, Scénographie et costumes : Daniela Presta and Dospormedio, durée du spectacle : 65 min.

© Agathe Poupeney

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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