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Mehdi Kerkouche nommé à la direction du CCN de Créteil : portrait de création et d’engagement

Mehdi Kerkouche nommé à la direction du CCN de Créteil : portrait de création et d’engagement

16 septembre 2022 | PAR Noemie Wuchsa

Ce 14 septembre, le Centre Chorégraphique national de Créteil donne le nom de son prochain directeur : le chorégraphe et metteur en scène Mehdi Kerkouche. Il occupera ce poste début 2023, à la suite de Mourad Merzouki. Danseur de longue date, à la tête de nombreux projets dans le paysage chorégraphique, il nous livre sa vision singulière d’une création comme un espace de langage, d’accompagnement assuré, où les corps se comprennent sans frontières. Mehdi Kerkouche nous répond et nous parle de ses projets ouverts à poursuivre au Centre, fertiles d’union et d’engagement, et avec une touche d’enfance. 

 

NW-Quelle a été votre première réaction ou émotion par rapport à cette nouvelle ? La surprise, la joie ? 

MK- Je ne suis pas surpris au sens littéral, puisque j’attendais ça depuis plusieurs mois. C’est le fruit d’un grand travail, de nombreux projets et de rencontres. Je suis surpris au sens où je suis très heureux de cette nomination. C’est valider et saluer l’engagement que je prends avec ma compagnie depuis sa création. J’ai proposé un projet qui est en évolution permanente, mais dont le sujet central reste la création au centre de tout. Il est bien sûr lié à un certain engagement numérique, car nous sommes actifs sur les plateaux et réseaux sociaux. Je n’oublie jamais les aspects qui m’ont motivé en tant que professeur, et qui m’animent toujours aujourd’hui : l’aspect culturel, pédagogique et social … Et mon côté très engagé. D’où le festival “On danse chez vous”. L’objectif a été et reste de faire perdurer, de faire évoluer les choses. 

NW-Étant donné que vous faites déjà partie de la scène chorégraphique. Être à la tête d’une institution de danse et de création, est-ce un “rêve devenu réalité” (pour le dire naïvement) ? 

MK-Je ne sais pas si l’on peut parler de “rêve”, parce que le poste demande énormément de responsabilités, de travail et d’engagement. Ce qui s’apparenterait à ce côté-là, c’est ce que cette nomination signe vraiment le fruit de mon processus artistique, créatif, de rencontres avec les compagnies et dans mon travail. Ça vient aussi beaucoup me conforter sur le fait que, quand tu es artiste, tu montes tes projets à partir de rien. Ça part de rien jusqu’à un grand “chouette” : quelque chose s’est accompli. A ce stade, tu peux te dire “Bon, je ne suis pas fou, je n’ai pas mené mes combats pour rien. Ils ont été vus, entendus, et on a même envie de les soutenir et de les accompagner.” En ce sens, être nominé au Centre chorégraphique national de Créteil, c’est un vrai soulagement, une belle prise de conscience. C’est même une grande excitation. 

NW-Et quels sont vos projets à venir pour le CCN ?

Côté projets pour le Centre, c’est loin d’être fini. Par exemple, “On danse chez vous” a vu le jour pendant le confinement, c’est un festival que j’ai imaginé au départ seul, dans ma chambre, et on a fini l’année dernière à Chaillot avec 2000 spectateurs en physique, 2000 en digital. je continue de faire perdurer dans le CCN de Créteil, si on peut dire. En termes d’actions : j’espère développer mes créations, rester dans la continuité de ce que je propose sur le plateau, organiser encore et toujours des festivals, et plus encore, accompagnement des compagnies. Au centre chorégraphique, il y a une réelle mission de faire rayonner la danse dans la région et d’autres pays. Par ailleurs, depuis 13 ans, le CCN de Créteil est exclusivement connu pour son engagement sur la danse d’époque. Notre travail, ce sera de s’ouvrir vraiment à tous les types de danse chorégraphiques, que ce soit plus contemporain, plus urbain par exemple. On veut surtout ouvrir les frontières. Le but de mon engagement au CCN est d’être “non-frontières”. La danse doit se penser comme quelque chose de libérateur, d’unificateur, et ne pas avoir des communautés séparées les unes des autres. Rassembler, créer des ponts, des échanges, des rencontres entre les différents styles … C’est ce que j’essaierai de mettre en place là-bas. 

NW-D’où vous vient cette inspiration, ou plutôt, quelles sont les figures qui vous ont marqué et poussé vers ce domaine de création ?

Je me considère comme un enfant de la télé. A la base, je regardais les danseurs qui accompagnaient mes artistes préférés, enfant. Michael et Janet Jackson, Madonna, Britney Spears… (rires). Ce sont ces danseurs derrière les artistes que j’aimais, qui m’ont inspiré. Ensuite, je copiais, je transformais, j’avais envie d’en faire partie. Puis j’ai découvert que c’était un métier, qu’on pouvait en vivre, y développer des choses, raconter des histoires … Et puis je dois avouer qu’enfant, j’ai toujours bougé et dansé !

Photo de couverture : © Centre chorégraphique national de Créteil 

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Noemie Wuchsa

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