Danse
Clap de fin pour Concordan(s)e : en avant toutes avec Joanne Leighton et Camille Laurens

Clap de fin pour Concordan(s)e : en avant toutes avec Joanne Leighton et Camille Laurens

12 avril 2022 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Le Final Bis, ce sont quelques-unes des rencontres iconiques qu’a produites le festival de danse et littérature Concordan(s)e depuis 2007. A voir ou à revoir jusqu’au 16 avril, dans des bibliothèques et des théâtres.

« Puisque rien ne dure vraiment » chantait Michel Berger, et c’est peut être cette chanson que Jean-François Munnier, directeur du festival, a en tête. En tout cas, ce 11 avril, à la suite du spectacle de la chorégraphe Joanne Leighton et de l’autrice Camille Laurens, au Centre Pompidou, il a eu ces mots :  « Il faut bien s’arrêter un jour ». Et, dans le programme de ce « Bis », on  peut lire : « Il n’est pas toujours facile de finir une belle histoire ». L’actuel directeur du Théâtre du nord a cherché à faire les choses sans facilité, mais d’une très belle façon. Il a en effet demandé aux duos qui ont été créés par la magie de cette rencontre organisée de se reformer, le temps d’une date. 

Pour Joanne Leighton et Camille Laurens, il est question du geste le plus basique qui soit, le plus grave aussi : celui de faire un pas. Oui, le plus grave. Un parent inquiet dira « il ne marche pas encore », un adulte dira de son parent vieux « il ne marche plus ». La marche sur deux pieds, c’est avec la pensée (et le rire, dirait l’autre), la définition d’un être humain. En l’occurrence, ces deux êtres-là sont des femmes et elles vont, par leur déambulation sur un tout petit plateau d’à peu près 6 m2, faire dialoguer les corps à égalité. Camille Laurens n’est pas danseuse et tout l’enjeu était de la faire danser sans, dit Joanne, « qu’il y ait de grande différence entre nous ». Pour l’occasion, en 2019, à la création, Camille Laurens a écrit des textes qui, eux, sont dansés souvent seulement par Joanne. Là, la danse vient chercher le pas au sens traditionnel du terme, d’abord une « Petrouchka » puis des jambes « tango », puis basques. Elles invoquent ces danses dites folkloriques pour en tirer l’énergie de base, celle justement d’une marche et d’une transmission.

Dans cette courte performance de trente minutes, le duo veut nous amener à réfléchir ce geste pas si naturel. Il devient un manifeste et déborde des jambes pour être un acte féministe dans la répétition des gestes, celles des dentellières par exemple. Les deux L n’en font plus qu’un, c’est élégant et doux.  Cela ne se donnait qu’un soir. Il faut ajouter que L&L a été accueilli au Centre Pompidou par la BPI dans le cadre des Rendez-vous d’Effractions, un festival de littérature contemporaine qui a lieu jusqu’au 16 mai.

Le Bis de Concordan(s)e se tient, lui, jusqu’au 16 avril. Mardi 12 avril à 20H00 : Carlotta Sagna et Olivia Rosenthal à la Maison de la poésie. Vendredi 15 avril à 19h30 : Amala Dianor et Denis Lachaud, Fabrice Lambert et Gaelle Obiegly au Carreau du Temple. Samedi 16 avril à 19H00 : Sylvain Prunenec, Frank Micheletti et Charles Robinson, No More Spleen ; Frank Micheletti et Charles Robinson, Big Bang Littéraire à l’Étoile du Nord.

Informations pratiques et réservations ici.

Visuel :  Delphine Micheli

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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