Musique
Les Rock-stars Fontaines D.C.

Les Rock-stars Fontaines D.C.

12 avril 2022 | PAR Pierre Pouj

En attendant leur troisième album, Fontaines D.C. était hier à l’Olympia pour un concert phénoménal.

 

Adulés par à peu près n’importe quelle personne s’intéressant de près ou de loin à la guitar music, érigés en rock-stars au même titre que tous les grands noms et groupes qui ont transcendés l’univers du rock et ses nombreuses branches, on parle aujourd’hui d’un très gros morceau. Voici Fontaines D.C. Présentons donc ici des futures légendes. En moins de 40 minutes et 11 titres, Dogrel (sorti en 2019), leur premier album, est une pépite. D’airs parfois urgents, parfois lents, dans la pure veine du post-punk classique, l’album est un étonnant mélange de rythmes et mélodies simples et d’une poésie troublante (Dogrel est un dérivé de Doggerel, désignant la poésie d’ouvriers irlandais). Sans surprise, le groupe parle colère, rébellion, vivre dans une société plus qu’horrible. Un album pur, surclassé l’année suivante par A Hero’s Death. Là, le groupe, dans la même veine musicale que Dogrel, explore le succès, ses frasques et ses démons. Toujours dans une poésie parfaite, tant musicale qu’écrite, l’album est une prouesse. Skinty Fia, leur troisième opus, sort dans moins de deux semaines, et déjà on sait que cet album rajoutera une pierre à l’édifice Fontaines D.C., une pierre teintée d’identité irlandaise, très présente dans l’univers du groupe, qui se retrouve notamment dans leurs singles, ou sur la couverture (le cerf fait référence au Grand Cerf Irlandais, espèce disparue) et le nom même de l’album (Skinty Fia fait référence à une légende irlandaise). Un album dont on sait déjà qu’il sera un succès, sans aucun doute.

Un quintet peut en cacher un autre. Celui-ci est mixte, voici Just Mustard, irlandais.es comme leurs compères qui suivront. Le potentiel, il y en a, pour sûr. Dans l’originalité de leur son, de leur construction et de leur composition. D’un post punk lent, très profond et même dur parfois, jouant avec le son voire avec un archer pour l’un des deux guitaristes, on comprend assez facilement leur place, ici, en première partie. Malheureusement, peut être pris.es par la pression ou autre, le son ne collait en rien avec les musiciens.nes présent.es. Statiques, hormis pour le batteur dont la performance fut remarquée, le reste du groupe est resté immobile durant leur demi heure de set. Le dialogue n’a pas réussi à passer entre nous et eux et elle, littéralement quand la chanteuse a adressé ses seuls mots à la foule, ceux-ci étaient a peine compréhensibles. Et vraiment quel dommage, le potentiel est là.. a voir dans une salle plus intimiste pour profiter pleinement du talent des Just Mustard.

En voilà une entrée. A contre-pied de leurs compères à l’ouverture, les Fontaines arrivent, bières à la main, haranguant la foule, rock-stars qu’ils sont. Et puis, ce qui devait arriver arriva, les premiers accords fusent, les premières paroles s’élèvent, et les premières épaules s’entrechoquent. Dans un set sans pause, le quintet irlandais n’adresse à peine qu’un ou deux mots à l’audience, rock-stars, on vous l’avait dit. Mais derrière, le show est plus qu’une réussite. Au millimètre près, tout est travaillé pour créer une ambiance folle, le public scandant à l’envi les refrains et les airs devenus hymnes. Piochant tour à tour dans l’un ou l’autre de leurs albums, l’énergie déployée prend au trip, régale et décuple l’émotion et le ressenti. Intense, profond, comme l’écoute de leurs opus, le show est un régal. N’en déplaise à la fosse, rapidement devenue un amas de sueur et de cris, ou plus en arrière, les moins téméraires se sont contenté.es de danser tout en profitant du spectacle impressionnant. Celles et ceux n’ayant pas eu leur saoul ont pu se rendre ensuite au Supersonic pour fêter avec le groupe la fin de leur tournée, tandis que les envieux.euses déçu.es auront une chance de se rattraper, le quintet joue ce soir un tout dernier concert au Bataclan, retransmis en direct sur les ondes de France Inter à 21h. A ne pas manquer, on vous l’assure.

Crédit photo : Cover de Fontaines D.C. – Skinty Fia

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Pierre Pouj

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