Danse
Concordan(s)e ou la rencontre impénétrable entre la littérature et la danse

Concordan(s)e ou la rencontre impénétrable entre la littérature et la danse

04 avril 2012 | PAR Celeste Bronzetti

Concordan(s)e. Le théâtre Le Colombier présente le résultat de la rencontre entre une chorégraphe et une écrivaine. Une performance, ou pour mieux dire, deux interprétations de la même partition. Deux débuts. Deux réflexions, ou bien une seule réflexion et deux traductions pour la scène. Où se cache-t-elle cette partie littéraire qui pourrait accompagner le spectateur?

Un solo répété pour deux fois. Par Stéphanie Moitrel d’abord et par Louise Desbrusses dans un deuxième temps. Pour deux fois un corps entre en scène pour traduire I think not, partition de Deborah Hay, chorégraphe qui travaille depuis des années avec des artistes qui n’ont pas forcément reçu une formation de danse.

Difficile de décrire les performances auxquelles nous avons assisté : les spectateurs en rond autour de la scène, ont vécu des expériences surement très différentes entre elles. Seule une chose doit sauter aux yeux de tout l’auditoire : la plus solide personnalité dramatique de la deuxième interprète. Ces corps, en mouvement dans l’espace rond du centre de la salle, venaient-ils de naître ? Est-ce que ces gestes, parfois convulsifs, parfois entrainants, au milieu du silence, cachaient-ils le mystère de la naissance ou plutôt de la mort ? Ou bien ni l’un ni l’autre ?

Le travail de ces artistes, il faut le souligner, n’est pas en question. Nous percevons, du début à la fin, un parcours suivi avec professionnalisme et compétence derrière les performances : comment pouvoir l’apprécier artistiquement sans savoir ce qui a dirigé leur propre interprétation de la trace chorégraphique de Deborah Hay ?

Nous nous attendions une présence littéraire plus significative d’après la présentation du spectacle : un texte de l’écrivaine Louise Desbrusses a été distribué à la fin, ce qui aurait pu, à notre avis, se passer au tout début du spectacle. L’idée centrale qu’y demeure est celle de la relation mystérieuse entre le corps et le texte littéraire, une réflexion qui, comme l’écrivaine l’explique clairement, se poursuit et se dilate, question après question, depuis les premiers pas chorégraphiques de Deborah Hay jusqu’aux derniers bonds de Louise Desbrusses sur la scène du théâtre Le Colombier hier soir. Un fil rouge qui noue les langages personnels de ces trois artistes.

L’interprétation et le rôle du spectateur est devenu central dans le spectacle vivant aujourd’hui. L’auditoire partage la scène et contribue à la mise en forme de l’oeuvre d’art, la complète et la perpétue dans l’espace. Nous sommes désormais préparés à répondre à cette tache, mais hier soir on ne nous a pas demandé uniquement de participer et de nous laisser impliquer, mais plutôt d’accoucher d’un autre spectacle, notre propre personnelle création.

Si ce sont des questions celles que ces artistes voulaient stimuler chez le spectateur, le résultat est bien sûr abouti. Sauf que l’importance et la quantité de ces interrogations finissent par appauvrir inévitablement la valeur artistique de la performance présentée.

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Celeste Bronzetti

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