Danse

Boris Charmatz nous parle de la Ruée à l’occasion des dix ans du Musée de la Danse

Boris Charmatz nous parle de la Ruée à l’occasion des dix ans du Musée de la Danse

12 octobre 2018 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Voilà c’est fini, le Musée de la Danse sous la direction de Boris Charmatz va ouvrir une nouvelle page de son histoire. Nous avons rencontré ce chorégraphe si brillant qui revient sur un événement forcement iconoclaste. Cela se nommera La Ruée, se passera au TNB  le samedi  24 novembre, dès 19 heures, et ce sera gratuit.

La Ruée dit une urgence, pourtant, 10 ans c’est un temps long. Vers quoi courrez-vous ?

Est-il plus juste de consacrer notre dernier « acte » à un livre collectif sur l’histoire de France plutôt que d’observer l’histoire du Musée de la danse dans le rétroviseur ? Plus amusant aussi : La Ruée va de -34 000 ans à 2015 ? Comme cela, on se rend bien compte que les dix ans du Musée de la danse ne sont pas si longs que cela… Cela dit, nous avons commencé avec le happening étrangler le temps, en 2009, plongeon dans une danse au ralenti… et nous finissons effectivement au pas de course. Dans notre époque où supposément « tout va trop vite », j’ai envie bizarrement d’explorer aussi la vitesse, d’essayer de penser DANS la vitesse. Je ne suis pas du tout contre le yoga, la méditation, le vide… mais j’ai l’impression qu’il faut aussi bouger dans le flux des informations, penser dans la complexité immédiate…

Pendant longtemps j’ai trouvé ridicule ces coureurs de salles de sport, qui courent sur des tapis roulants, au lieu d’arpenter les forêts. Mais un jour j’ai compris que courir sans but, en intérieur, permet aussi d’étudier sa course comme dans une œuvre de Muybridge, mais vivante! On court forcément vers la mort, finalement, mais le chemin est passionnant, avec toutes ses embûches, sa boue, ses virages à 170 degrés.

Comment percevez-vous ces 10 années passées à façonner ce CCN si unique qu’est le Musée de la danse

J’étais assez angoissé par cette question, jusqu’à ce que nous décidions de fabriquer ce Musée de la danse jusqu’au dernier jour. Cela m’a rasséréné d’imaginer que le regard rétrospectif pourrait avoir lieu après, peut-être dans trois ou même cinq ans. Du coup je n’ai pas trop à réfléchir sur ce que nous avons fait, pas encore, et nous pouvons donc seulement nous reposer sur les sensations que cette invention muséale a produite. En ce qui me concerne, j’ai adoré ma vie à Rennes, les gestes collectifs, l’élan d’une institution qui se met à décoller. C’est grisant! Je suis donc plein d’une immense reconnaissance pour tous ceux qui ont rendus ce projet viable, possible, réel. J’ai la sensation d’une immense improvisation bâtie sur des bases intellectuelles solides.

Comment et où va se dérouler cette Ruée ?

A l’invitation d’Arthur Nauzyciel et d’Anne Cusset, nous envahissons tout le TNB. Des espaces publics aux salles Vilar, Parigot et Serreau. Ce sera une sorte d’exposition vivante dans tout le bâtiment, avec une quarantaine de participants, dont les 20 élèves de l’école du TNB, et des artistes incroyables qui nous rejoignent pour ce dernier geste : Yves-Noël Genod, Marlène Saldana, Simon Tanguy, le collectif (La) Horde, quelques danseurs de la pièce 10000 gestes, et même Arthur Nauzyciel. Chacun choisit un chapitre du livre Histoire mondiale de la France, et invente une manière de bouger vivement tout en récitant à voix haute. C’est une sorte d’exposition improvisée de tout le livre, dans une installation lumineuse d’Yves Godin, dont le génie nous a accompagné toutes ces années. Et on s’achèvera sur un dance floor d’anthologie.

Informations pratiques

Théâtre National de Bretagne

1 rue Saint-Hélier, CS 54007
35040 Rennes Cedex

Renseignements/réservations
02 99 31 12 31
info@t-n-b.fr

Le site de l’événement

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. amelie@toutelaculture.com

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