Danse
Avant les gens mouraient, (LA) HORDE impose son rythme mortel

Avant les gens mouraient, (LA) HORDE impose son rythme mortel

08 mai 2015 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Depuis que ce collectif de quatre artistes a mis au plateau un troisième age plus vivant que jamais pour Void Island, on surveille de prés Arthur Harel, Céline Signoret, Marine Brutti et Jonathan Debrouwer, entendez (LA) HORDE. Ce soir (complet) et demain, elle présente la première française de Avant les gens mouraient à la MPAA Saint Germain.

Sur le papier on découvre un projet qui tient de la perversité : avoir dans ses mains quinze danseurs finissant leur formation à l’Ecole de Danse Contemporaine de Montréal où (LA) HORDE a bénéficié  dans le cadre du programme MAP des «Pépinières européennes pour jeunes artistes» d’une résidence. Le deal : créer une pièce originale pour la cohorte de 16 étudiants finissants. Marine nous  raconte : « on n’avait pas d’idée précise en arrivant et on a eu envie de retourner la situation. On a pris le Jump Style qui est une danse européenne qu’ils ne connaissaient pas ».

Il s’est agi de mettre dans les pas de danseurs de formation contemporaine classique des pas issus de la culture web. Le jump style est une danse ultra rapide qui se pense comme des battle entre youtubeurs.

Sur le plateau, le son arrivera avant l’image. En meute ils se présenteront d’abord un par un, vêtus street : brassières minuscules pour les filles, jogging baggy. Pour les mecs, sweats à capuche de rigueur. Le tempo est ultra speed. Ils vont se lancer dans un pas qui est d’autant plus simple qu’il est normalement intenable sur la durée : deux jetés de pied en avant, des bras en course, et des rebonds. Qui dit répétition de geste impose une concentration extrêmement soutenue et ici découpage de rythme jusqu’au plus petit comptage possible.

On pense au travail réalisé sur le rebond par Jan Martens et son Dog days are over. Ici l’enjeu est de tenter de prouver que l’impossible est accessible. Une vidéo de jumper dure 45 seconde, ici le temps est amené à 40 minutes.

Nous sommes autant dans les jeux du cirque antique, dans une attente malsaine et voyeuse d’une mise à mort que dans une fascination pour les robots d’un Métropolis ou du Sacre déshumanisé de Castellucci Les danseurs sont techniquement incroyables. Ils jouent à nous toiser, à nous faire peur. Ils maîtrisent. Aucun récit, aucune recherche de beauté . (LA) HORDE voit juste en se débarrassant du superflus pour opérer une expérience et voir comment un corps plongé dans un effort sur-humain en ressort. Vivant ou mort.

Le collectif est l’invité du Centre Pompidou du 13 au 27 mai pour intervenir dans l’Espace 13-16.

Avant les gens mouraient :  les 8 et 9 mai 2015 à 19H30, MPAA SAINT-GERMAIN, 4 rue Félibien – 75006 Paris Renseignements / Réservations 01 46 34 68 58

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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