Danse

Biennale de la danse 2012 : Julie Desprairies nous invite à déambuler dans l’Opéra de Lyon

Biennale de la danse 2012 : Julie Desprairies nous invite à déambuler dans l’Opéra de Lyon

23 septembre 2012 | PAR Géraldine Bretault

Comme nous vous l’annoncions au printemps, la 15e Biennale de la danse à Lyon, présidée cette année par Dominique Hervieu, s’annonçait pleine de promesses. Nous avons eu envie d’aller y voir de plus près. Pour commencer, un spectacle interactif imaginé par la jeune chorégraphe Julie Desprairies à l’Opéra de Lyon.

Dès notre arrivée, devant les portes encore fermées sont distribués des programmes de trois couleurs selon la pastille figurant sur notre billet. Nous pouvons déjà apercevoir à l’intérieur des personnages costumés qui descendent et remontent les escalators du hall d’entrée. Les portes s’ouvrent, nous sommes accueillis par des personnes âgées qui jouent à des cartes géantes, des enfants vêtus de noir qui forment une chorale, des xylophones, des éléments de décor actionnés par des poulies… Nous voici entrés de plain-pied dans L’Opera nell’Opera, ballet-opéra in situ. Magie du dispositif : spectateurs, amateurs issus de collèges et centres sociaux de la région, techniciens de l’opéra et artistes professionnels se mêlent sans distinction, ni barrière physique d’aucune sorte.

Puis, par groupe de couleur, nous suivons notre hôtesse d’un pas lent, au rythme d’un ghetto blaster tonitruant, pour longer d’abord la scène de l’opéra par les coulisses, puis grimper un escalier en colimaçon qui n’en finit plus pour accéder au faîte du bâtiment, sous la fameuse « râpe à fromage », ajoutée par Jean Nouvel lors de la rénovation du bâtiment. Dans le superbe studio de répétition qui domine la ville, nous attendent un piano à queue, une cantatrice, et une ballerine, vite rejointe par deux danseurs de hip-hop, pour un premier acte simple et fort à la fois, où se télescopent des énergies et des sensibilités éclectiques. Quand cesse la musique, notre hôtesse nous invite à nous approcher de l’immense baie vitrée qui donne sur les toits lyonnais. Surprise : depuis les œils de bœuf et les toits de l’hôtel de ville voisin, plusieurs participants nous saluent avec des mouchoirs bariolés. Le temps suspend son vol.

La déambulation se poursuit, n’esquivant aucun recoin de l’édifice, à l’exception de la salle de spectacle. Une seconde halte autour du studio des chœurs nous montre les maquilleuses, les coiffeuses et les costumières au travail, tandis que le troisième acte se déroule dans le foyer du public : là, nous pouvons observer des artistes de rue et talents d’un jour occupés à reproduire le décor visible à travers les fenêtres, à la peinture sur les miroirs des portes, ou avec du sable sur le sol. Une chorale formée de quelques pompiers viendra interrompre cette évocation des métiers du décor, au son de percussions délicates et d’un gong. Sans cesse notre regard est guidé de l’intérieur vers l’extérieur, invité à appréhender le rapport de chaque espace avec la ville, ainsi que les innombrables voies de circulation qui traversent le bâtiment.

Le parcours s’achève sur la place de la Comédie, dehors, face à l’orchestre et à la maîtrise de l’opéra, installés sur la terrasse du café au 1er étage, et aux participants, regroupés sur le perron. Depuis le toit de l’hôtel de ville, le chef d’orchestre et compositeur Nicolas Bianco peut alors diriger le finale et conclure sous les applaudissements. La foule se dissipe, et nous repartons le cœur empli de joie, après cette heure et demie de déambulation en musique et en mouvement qui nous a transportés dans la fabrique des spectacles. De toute évidence, Julie Desprairies a répondu aux attentes de Dominique Hervieu, qui souhaitait que la Biennale soit ouverte à tous et toutes les danses, dans une ambiance populaire et festive. De quoi susciter des vocations parmi les plus petits…

« Pour moi, c’est devenu une évidence que je devais travailler le corps dans ces espaces, comme une façon de porter le corps et de porter l’espace. » Julie Desprairies

Visuels : L’opera nell’opera, Compagnie Des Prairies, création 2012, 15e Biennale de la danse, Lyon © Stofleth

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Géraldine Bretault
Diplômée de l'École du Louvre en histoire de l'art et en muséologie, Géraldine Bretault est conférencière, traductrice et rédactrice dans le secteur culturel, collaboratrice régulière de l'ICOM, des Rencontres d'Arles, de la revue de design Etapes. Membre de l'Association des traducteurs littéraires de France et du Syndicat de la critique de théâtre, musique et danse, elle a rejoint l'aventure de Toute La Culture en 2011, autour des rubriques Danse, Expos et Littérature. Elle a par ailleurs séjourné à Milan (2000) et à New York (2001, 2009-2011), où elle officiait en tant que Docent au Museum of Arts and Design et au New Museum of Contemporary Art.

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