Danse

Ana Pi en globe trotteuse pour son tour du monde des danses urbaines

Ana Pi en globe trotteuse pour son tour du monde des danses urbaines

24 mars 2017 | PAR Laetitia Zicavo

Sur la scène du Conservatoire de Vanves, la chorégraphe Ana Pi, de sa voix forte et claire, nous proposait mardi soir, un Tour du monde des danses urbaines en dix villes, un spectacle conférence créé par la chorégraphe, ainsi que François Chaignaud et Cecilia Bengolea. Nous avions déjà assisté à une représentation de ce spectacle en mai 2015. C’est donc un projet éducatif sur le long-terme qui revient à Vanves en 2017.  

Une table basse et une chaise pour le côté cosy, un dressing pour le côté pratique, ce sont les seuls éléments présents sur scène, autre qu’un vaste espace dans lequel peut évoluer la danseuse. Mais elle ne se contente pas de la surface surélevée : Ana Pi, va et vient entre les rangs des spectateurs, s’adressant aux plus petits comme aux plus grands. Démarre alors un catalogue de danses du monde. Avec des transitions soignées, on passe d’une danse à l’autre en apprenant beaucoup sur chacune. C’est interactif. La chorégraphe fait participer le public, interroge ses élèves, distribue de bonnes ou mauvaises notes. A travers leur présentation, l’histoire de ces danses est racontée : ce sont des danses urbaines ou danses de rue qui sont souvent nées de la pauvreté, voire de conflits armés. Ainsi le public apprend que la House est originaire des émeutes du début des années 1990 aux Etats-Unis, ou encore que le Krump vient des « ghetto » de Los Angeles et sert d’exutoire à la jeunesse défavorisée, d’où une gestuelle brute, la violence ressortant de chaque mouvement.

A coup d’extraits vidéo, de démonstrations d’Ana Pi qui arbore à chaque séquence une nouvelle tenue, on passe un moment agréable. Même si elle s’adresse à un public jeune, un spectateur de tout âge peut apprécier l’énergie et la bonne humeur de la danseuse. Entre rire et prise de conscience, c’est un spectacle qui fait voyager. On peut seulement regretter un tour du monde en si peu de villes. Mais il fallait bien sûr faire un choix qui était, comme le souligne François Chaignaud, Cecilia Bengolea et Ana Pi, « difficile et forcément subjectif et incomplet ».

Ce qui transpire de cette production, c’est surtout la volonté de transmettre à un jeune public. Comme le précise Ana Pi à la fin de la représentation, cette conférence fait partie d’un projet plus vaste, un projet éducatif. Les enfants assis au premier rang, pour qui ce n’est visiblement pas la première représentation, trépignent, s’impatientent. Dès la fin de la conférence, pendant l’instant « échanges avec le public », quelques aventuriers montent sur scène. La musique est lancée et place aux jeunes talents !

Visuels : © LZ

© Malette Ana/Pierre Ricci

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Laetitia Zicavo

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