Danse
A la croisée du cirque et de la danse avec l’Art de la Fugue au 104

A la croisée du cirque et de la danse avec l’Art de la Fugue au 104

23 février 2013 | PAR Justine Braive

Yoann Bourgeois s’inspire de l’Art de la fugue, œuvre de Bach inachevée, pour sa dernière création éponyme. Sur la célèbre partition du musicien, interprétée en direct par la jeune pianiste Célimène Daudet, Yoann Bourgeois, accompagné par la danseuse Marie Fonte, défie les lois de l’apesanteur, entre rebonds et chutes.

Heureusement que la vie a rassemblé ce jeune circassien  et la danseuse Marie Fonte. Lui est un ancien élève du Centre national des arts du cirque et du Centre national de danse contemporaine d’Angers. Elle, y est danseuse. C’est dans ce centre de danse qu’ils font connaissance. Une rencontre qui a porté ses fruits puisque ces deux jeunes talents nous offrent une nouvelle fois un spectacle mariant danse, cirque, musique et poésie avec grâce.

Les deux protagonistes font du cube en bois posé au centre de la scène leur aire de jeux. Ils le transforment en une maison originale dont les parois tombent, les faisant apparaître et disparaître pendant leur cavale incessante. Car si effectivement dans la vie ils se sont bien trouvés, on ne peut en dire la même chose sur scène. Pendant une heure, le couple, condamné à se perdre, cherche à tout prix à se retrouver. Mais ils n’arrivent pas à s’unir. Ils se déchirent, se repoussent, se rencontrent parfois mais ils finissent toujours par chuter. Ils chutent littéralement sur un trampoline qui donne lieu à des exercices d’adresse époustouflant de précision.  Au fur et à mesure qu’ils s’éperdent à former un « nous », les murs de la maison s’abattent, un escalier jaillit mais ne les mènera nulle part. La fugue ne cessera de se poursuivre. La communion de ces deux êtres semble impossible, à l’exception peut être des phases où leurs gestuelles s’accordent quand ils exécutent les mêmes acrobaties. Leur accord ne serait donc possible que lorsqu’ils sont séparés physiquement..

Pour les mélomanes, Yoan Bourgeois s’est inspiré de l’œuvre de Bach autour de l’idée du contrepoint (le contrepoint est l’art de  superposer plusieurs mélodies les unes sur les autres destinées à être entendues simultanément). Ainsi, tout comme l’Art de la fugue est une variation sur les quatre premières mesures du contrepoint numéro un, Yoan Bourgeois construit une série de séquences qui, une à une, vont prendre et décliner des motifs en escalier.

Pour ceux qui n’ont pas la fibre musicale, laissez-vous simplement envoûter par ce spectacle aérien !

L’Art de la fugue, Cie Yoann Bourgeois, © Christophe Manquillet

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Justine Braive

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