Comédie musicale

Stephen Mear : « Funny Girl apporte une nuance assez incroyable »

Stephen Mear : « Funny Girl apporte une nuance assez incroyable »

16 novembre 2019 | PAR Donia Ismail

Sur les planches du théâtre Marigny, un grand classique de Broadway débarque, cinquante ans après sa première représentation : Funny Girl. Rencontre avec le chorégraphe et metteur en scène, Stephen Mear.

 

Donia Ismail : Qu’est-ce qui a motivé ce projet?
Stephen Mear : J’ai déjà chorégraphie Funny Girl il y a plusieurs années. Je ne m’en souviens pas réellement. Aussi bizarre que cela puisse être ! J’ai toujours eu envie de mettre en scène cette comédie musicale. Jean-Luc Choplin, le directeur du Théâtre Marigny, savait que j’avais cet amour pour Funny Girl. Il m’a demandé si j’étais intéressé pour faire une reprise à Paris. J’ai tout de suite sauté sur l’occasion.

DI : Surtout qu’à Paris, c’est une première…
SM : C’est ce qui m’enchantait le plus ! Ce théâtre est si intime, même s’il paraît immense. C’est le lieu parfait pour ce musical. Funny Girl est plus qu’un spectacle étincelant. On y voit l’envers du décor des show business des années 1920. On y rencontre Fanny Brice, à la vie trépidante. Le spectacle a été écrit en 1964. Fanny est le personnage principale. C’est quelque chose d’incroyable pour l’époque, un rôle de femme aussi fort.

DI : Étiez-vous stressé à l’idée de faire revivre ce classique de Broadway?
SM : Non, pas du tout. Je l’aime tellement, depuis mon plus jeune âge. Je n’avais qu’une envie, c’était de mettre ma main dessus. J’ai toujours été un grand fan de Barbra Streisand. Funny Girl est un chef-d’oeuvre de Broadway. La plupart des comédies musicales misent tout sur des gros numéros pour épater la galerie. Évidemment, qu’il y en a dans Funny Girl. Mais cette comédie musicale apporte une nuance assez incroyable. Il y a des moments où le public rit aux éclats, d’autres où il pleure. On passe du Vaudeville, au burlesque en un claquement de doigts. C’est en cela que cette comédie musicale est jouissive pour un metteur en scène.

DI : Choisir la parfaite Fanny Brice est un challenge. Passer après Barbra Streisand, c’est compliqué. Vous avez sélectionné Christina Bianco, connue pour ses talents d’imitatrice. N’est-ce pas un choix osé?
SM : C’est grâce à cela que je l’ai rencontré. Dès le début, nous nous sommes mis d’accord. Nous ne voulions pas d’une imitation de Barbra Streisand. Je voulais qu’elle incarne totalement Fanny Brice. Christina Bianco est un talent pur. Tu ne peux pas faire de spectacle sans une star. Elle en est une. 

DI : Elle n’est pas si connue. On s’attendait plutôt à quelqu’un de plus célèbre…
SM : Nous avons auditionné de grands noms de Broadway pour ce rôle. Mais personne n’arrive à sa cheville. Elle apporte quelque chose d’extraordinaire à ce spectacle. Christina Bianco sait vous faire pleurer, vous faire rire et surtout vous scotcher par sa voix incroyable. Elle est Fanny Brice.

DI : Selon vous, pourquoi Funny Girl est un classique?
SM : Le thème principal y est pour beaucoup. Fanny Brice est une jeune femme talentueuse qui ne trouve pas sa place. C’est un sujet universel qui reste très important pour cette nouvelle génération. Fanny Brice était désespérée. Elle voulait à tout prix faire du théâtre.  Elle ne se rendait pas compte à quel point elle était drôle. Mais, Fanny ne répondait pas aux standards de beauté. Tout comme Barbra Streisand. Mais ces deux femmes sont talentueuses. Le public est tombé amoureux de leur talent.

DI : Il y a une grande tentation de moderniser les classiques de Broadway. Avez-vous été tenté de faire de même avec Funny Girl?
SM : Pas du tout ! Je veux faire le contraire. Je veux aller à la source, à la première représentation de Funny Girl en 1964 à Broadway. Nous avons énormément travaillé pour rester le plus proche possible de ce qui a été originellement écrit. Nous avons fait nos devoirs d’une certaine façon ! J’ai lu énormément de lire sur cette période, vu beaucoup de films. Le but était de créer des costumes, une atmosphère, ancrés dans la première partie du XXe siècle.

Photo : Julien Benhamou

Un roman au coeur du festival Paris en toutes lettres: Cécile Coulon à l’honneur
The Opera interview of the week : Michael Fabiano : « It is important for me to map the text »
Donia Ismail

2 thoughts on “Stephen Mear : « Funny Girl apporte une nuance assez incroyable »”

Commentaire(s)

  • AMBROGIANI

    Attention, ce théâtre est dirigé par des escrocs, je vous déconseille de réserver des billets à l’avance car si le spectacle est annulé, vous ne serez jamais remboursé: j’ai acheté 3 billets (pour plus de 160 euros) en février 2019 pour un spectacle qui devait avoir lieu au mois de Mai (The Fantasticks) qui a été annulé, après les avoir contactés par téléphone et par mail, ils m’ont répondu plus de 2 mois plus tard, en juillet en me disant qu’un remboursement allait m’être expédié. En octobre, n »ayant rien reçu je les ai contactés à nouveau: aucune réponse et aucun remboursement à ce jour, j’avais été voir « Peau d’Ane », « Marry me a little » et j’avais réussi à emmener 5 personnes à « Guys and Dolls »: personne dans mon entourage n’ira voir « Funny Girl », ce n’est pas une grande perte, car si ce théâtre manque de moyen au point de ne pas rembourser ses clients fidèles, « Funny Girl » sera encore pire que « Guys and Dolls » dont le manque de moyen n’égalait en médiocrité que le manque de talent du tâcheron « pseudo » chorégraphe et metteur en scène Stephen Mear.

    novembre 19, 2019 at 0 h 57 min

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *