Comédie musicale

Christina Bianco : « Nous avons tous un petit bout de Fanny Brice en nous. »

Christina Bianco : « Nous avons tous un petit bout de Fanny Brice en nous. »

12 novembre 2019 | PAR Donia Ismail

Don’t Rain on my Parade, The Greatest Star… Funny Girl reste un grand classique de Broadway, cinquante ans après sa première représentation. Pour la première fois, la comédie musicale iconique débarque à Paris au Théâtre Marigny jusqu’au 5 janvier 2020. Rencontre avec la nouvelle Fanny Brice, Christina Bianco.

 

Donia Ismail : C’est la première fois que la comédie musicale Funny Girl est produite à Paris. Pensez-vous que les Parisiens seront conquis?
Christina Bianco : Oui ! J’en suis même certaine! Funny Girl alterne parfaitement entre théâtralité et romance. Il y a ce côté glamour que l’on retrouve au Crazy Horse. Mais aussi, que cela soit vrai ou non, les touristes voient les Français comme ce peuple romantique, qui a le cœur sur la main. C’est l’histoire de Fanny. Elle est si ouverte aux autres, si honnête. Elle dit exactement ce qu’elle ressent. C’est sa plus grande bénédiction, mais aussi sa malédiction. Ces sentiments transparaissent à travers les chansons qu’elle chante.

DI : Il y a aussi une grande part de comédie !
CB : La comédie musicale s’appelle Funny Girl, « drôle fille » en Français. La plupart du temps, c’est hilarant. Mais ce n’est pas tout. La vie de Fanny Brice est intéressante parce qu’elle n’est pas linéaire. Elle traverse énormément d’épreuves qui font d’elle un personnage auquel il est simple de s’identifier. C’est pourquoi toutes les comédiennes souhaitent jouer ce rôle. Il y a tant d’émotions à incarner ! Je pleure chaque soir lorsque je chante la dernière chanson. J’ai mérité ces larmes, comme le public parce que nous avons ri tout au long du spectacle. Même si elle finit toujours pas pleurer, il y a toujours une once d’espoir car Fanny est une battante.

 

DI : Quand avez-vous rejoint le spectacle?
CB : Cet été, le metteur en scène et chorégraphe Stephen Mear a tweeté : « mon prochain projet sera Funny Girl à Paris ». Je le connaissais car j’avais auditionné pour lui plusieurs fois auparavant. Mais ça n’a jamais abouti, car nous n’avions pas trouvé le bon projet. Sur scène, j’ai énormément d’audace. Pas trop en dehors… Mais je lui ai répondu, sur un ton assez rieur. « C’est fantastique ! Félicitations. Je connais une petite New-Yorkaise que tu devrais auditionner pour le rôle. » Il m’a répondu, « Tu serais extraordinaire pour le rôle ». J’ai tout de suite appelé mon agent pour qu’il planifie une rencontre. Il avait dit publiquement que j’étais douée. Il devait me voir ! Je ne pensais pas que j’aurais le rôle. Surtout à cause de ma taille, qui reste un gros problème dans cette industrie.

DI : J’imagine que la compétition était féroce…
CB : Évidemment. Ils auraient pu prendre quelqu’un de plus connu. Je n’en crois toujours pas mes yeux. Je vis un rêve éveillé. C’est un si beau rôle à jouer. Si complet. Entre la comédie, les pleures… Les magnifiques chansons que tout le monde connaît, celle moins grand public qui sont dans la comédie musicale mais pas dans le film de William Wyler (1967).

DI : On ne peut pas parler Funny Girl, sans mentionner Barbra Streisand, la toute première Fanny Brice à Broadway…
CB : Elle est iconique! Évidemment que je ne peux pas faire cela !

DI : Comment faire pour ne pas tomber dans le mimétisme ?
CB : Il était facile pour moi de savoir quoi prendre de son personnage et de son histoire. Tout en honorant la femme, Fanny Brice, mais aussi ce que le monde connaît de l’interprétation de Barbra Streisand. Je ne peux pas faire du Barbra Streisand. Mais je dois honorer ce qu’elle a apporté au personnage. C’est un équilibre assez subtil à trouver. Puis, on ajoute le fait que je suis connue comme imitatrice et je sais faire la voix de Barbra Streisand.

DI : Vous dites dans une interview que Fanny Brice vous a énormément marqué plus jeune…
CB : Je m’identifie énormément à Fanny Brice et mais aussi à Barbra Streisand. Don’t Rain on my Parade, I’m The Greatest Star… Ces chansons que je les connais sur le bout des doigts depuis que je suis enfant. Comme Fanny Brice, les directeurs de casting me disent toujours: « Non, tu n’es pas assez jolie. Tu n’es pas assez grande. Pas assez drôle pour jouer le rôle secondaire. » Dans ce business, tu n’as pas d’autres choix que passer à autre chose. J’ai décidé d’être moi-même, unique dans mes différences. Un jour où l’autre ça allait payer. Et le fait que cela marche et que je puisse jouer un tel rôle! C’est un rêve. Si un jour des producteurs ont décidé de faire une comédie musicale autour de la vie de Fanny Brice, c’est parce qu’elle a ouvert la voie à tant d’autres comédiennes. Sans elle, il n’y aurait jamais eu Barbra Streisand ou Bett Midler. Nous avons tous un petit bout de Fanny Brice en nous.

DI : Quelle est la chanson que vous avez le plus hâte de présenter au public français?
CB : Don’t Rain on My Parade. Classique. Quelques jours avant la première, nous avons répété pour la première fois avec l’orchestre. L’équipe technique ainsi que les autres comédiens étaient assis dans la salle. C’est la fin de l’Acte I. J’étais sur la scène de ce si beau théâtre. Je n’arrivais pas à finir la chanson tant je pleurais. C’était un si beau moment.

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