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Christian Louboutin, l’étincelle du Crazy

Christian Louboutin, l’étincelle du Crazy

15 mars 2012 | PAR Bérénice Clerc

 

Le Crazy Horse avenue Georges V à Paris, cabaret mythique ouvert en 1951 par Alain Bernardin amoureux des femmes et de la création, offre à Christian Louboutin, chausseur au service des dames, la possibilité de créer et revisiter des numéros du 5 mars au 31 mai 2012.

Mercredi soir, un vent léger, quelques marches à descendre, rouges et noires, glamour en tête, l’équipe d’accueil est au service  adorable, joyeuse et sympathique. Sièges rouges, lumière tamisée, claquement de bouchons de champagne, statut d’or tenant la scène, rideau à paillettes, tout est exactement à l’image du Crazy Horse.

Christian Louboutin est le symbole de la mode, le créateur de chaussures uniques, sublimes subtiles et envoutantes pour donner à chaque femme des jambes de déesses.

A ses débuts il collabora avec les Folies Bergères et depuis quelques années il crée les chaussures des guests du Crazy, Dita Von Teese, Arielle Dombasle, Paméla Anderson…Rien d’étonnant donc à ce que la direction lui propose d’inventer quelques numéros.

Une griffe reconnue dans le monde entier, un coup de crayon mythique, une semelle rouge inoubliable, une maison qui fête ses 20 ans, Christian Louboutin a une faible marge d’erreur pour ce spectacle, il prend un joli risque et ne se perd absolument pas sur ce chemin du cabaret.

Le premier numéro très court met déjà dans l’ambiance, entre vidéo, pieds, chaussures à talons hauts, lumières et paillettes, le show commence par une étincelle et jamais le feu ne s’étouffera.

Certains numéros très classiques du Crazy Horse ont un peu vieilli, l’image et l’utilisation du corps de la femme sont un peu désuètes comme tout droit issues des fantasmes d’un vieux monsieur. Pourtant le charme parisien est là, les touristes y trouvent leur compte et l’image de la capitale est ainsi extrêmement bien représentée dans le monde.

Les danseuses aux corps multiples aux seins de toutes les formes aux fesses plus ou moins galbées manquent parfois d’émotion, si la danse est parfaite, la sensualité, les jeux de regards sont parfois absents chez certaines d’entre elles. D’autres se jouent des scénarios et vivent leur numéro avec passion.

Les créations de Christian Louboutin sont très fines, artistiques, les chaussures somptueuses, chaque modèle est étudié et mis en valeur par un usage des formes, des hauteurs, des couleurs, du phosphorescent et un certain humour sous les semelles. « Mastéroïde » clôt à merveille la première partie et montre à quel point le corps même morcelé peut exprimer de multiples sensations.

Un peu plus tard en seconde partie, « La pénitente », entre religion et vanité diamantée, brisera le tabou de la foi et de l’érotisme inondant l’excellente danseuse de croix sur son corps nu à cheval sur un prie dieu aux usages malins.

Entre les numéros, Philippe Beau, magicien des ombres, dessine de ses mains avec le faisceau d’une lumière de poétiques histoires et redonne aux spectateurs leurs âmes d’enfants, ils rient, s’éclaffent et applaudissent avec vigueur ces apparitions noires sur toile blanche.

Un final en Hip Hop joyeux donne aux spectateurs une ultime énergie dansante comme un talon qui claque au sol, brillante comme un diamant sur une main gracile.

Christian Louboutin est un artiste aux multiples talents et confirme ici qu’acteurs comme danseurs doivent s’exprimer avec les pieds bien ancrés.

 

Visuels (c) : Emilie de la Hosseraye et Youssef Nabil.

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Bérénice Clerc
Comédienne, cantatrice et auteure des « Recettes Beauté » (YB ÉDITIONS), spécialisée en art contemporain, chanson française et musique classique.

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