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« Ainsi la bagarre » : Déambulation loufoque dans un univers kafkaïen

« Ainsi la bagarre » : Déambulation loufoque dans un univers kafkaïen

14 janvier 2022 | PAR quentin didier

Le Théâtre de l’Aquarium accueille dans le cadre du festival « Bruit » plusieurs représentations de cette pièce qui a déjà foulé les planches du Nouveau Théâtre de Montreuil quelques semaines auparavant. Cette création contemporaine de Lionel Dray et Clémence Jeanguillaume, tous deux comédiens pour l’occasion, nous emmène dans univers surréaliste où l’absurde règne en maître du bon goût.

Faire sens en partant dans tous les sens

Un récit peut-il faire sens sans même en avoir un dans sa propre forme ? C’est là toute la question que se posent Lionel Dray et Clémence Jeanguillaume lorsqu’ils composent ce récit dramaturgique mis en musique par cette dernière. Cette profonde interrogation qui peut traverser toute œuvre d’art, nous est pour ainsi dire balancée au visage dès les premières secondes du spectacle. Le personnage interprété par Lionel Dray s’adresse au public de vive voix et se casse des assiettes sur la tête dans une attitude burlesque non dénuée de profondeur. En effet pendant plus d’une heure, les protagonistes qui se succèdent sous les traits des deux metteurs en scène cherchent à faire dialoguer l’absurde et la réflexion à la manière de Franz Kafka.

Personnages loufoques

La vie et l’œuvre de l’écrivain austro-hongrois sont constamment parsemées dans cette pièce qui ne possède pas de réelle structure narrative. On ne suit finalement que le chemin de deux personnages loufoques : Monsieur Préfleuri, radotant qu’il est réparateur de père en fils ; et Madame Olala, à la mine constamment étonnée avec ses grands yeux ronds directement posés sur ses cheveux. Les références au burlesque de Buster Keaton ou encore Jacques Tati pleuvent en conséquence pour composer un humour tendrement surréaliste.

C’est ainsi que Clémence Jeanguillaume et Lionel Dray nous prennent par la main pour nous emmener dans cet univers absurde au froid décor blanc rappelant un hôpital. Le spectacle reste en grande partie un point d’interrogation – qu’à t’on véritablement compris, perçu, ou tout simplement ressenti ? Une idée à double tranchant tant elle peut désarçonner le spectateur.

 

Ainsi La Bagarre ©JeanLouisFernandez
Ainsi La Bagarre ©JeanLouisFernandez
Ainsi La Bagarre ©JeanLouisFernandez
Ainsi La Bagarre ©JeanLouisFernandez

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quentin didier

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