Beaux-Livres
« Les 50 meilleurs films que vous ne verrez jamais » de Joshua Hull : Chefs-d’œuvre parfaitement inconnus

« Les 50 meilleurs films que vous ne verrez jamais » de Joshua Hull : Chefs-d’œuvre parfaitement inconnus

14 janvier 2022 | PAR Julien Coquet

Imaginez un scénario alambiqué, un casting de rêve, une réalisation de maître, une musique entêtante pour un film… qui n’a jamais été tourné. Joshua Hill revient sur les projets de réalisateurs ayant capoté.

Il faut imaginer l’industrie cinématographique comme un iceberg : la part de films réalisés représentant la partie émergée, tandis que la part de films non réalisés, bien plus importante, constitue la partie immergée. Comme l’explique le réalisateur Fred Dekker (Extra Sangsues et The Monster Squad) en Préface : « Pour chaque film qui se fait, il y en a des centaines, des milliers qui ne se font pas ». Si certains films n’ont pas été produits et réalisés pour de bonnes raisons (mauvais scénario, réalisateur sans talent…), d’autres films hypothétiques sont rentrés dans l’imaginaire collectif, comme le Dune de Jodorowsky dont rend bien compte le documentaire Jodorowsky’s Dune de Frank Pavich.

Le livre, illustré par des affiches réalisées par des graphistes et illustrateurs, revient sur une cinquantaine de projets qui ont capoté. On est ainsi surpris d’apprendre qu’il y eut des discussions d’un certain Stanley Kubrick avec les Beatles pour adapter Le Seigneur des Anneaux. D’autres projets sont plus connus, comme Henri-Georges Clouzot s’escrimant sur son Enfer (cf. le documentaire L’Enfer d’Henri-Georges Clouzot de Serge Bromberg et Ruxandra Medrea). Toutes ces notices pointent la multitude d’acteurs réunis autour d’un projet et les différents qui peuvent apparaître en réunissant un réalisateur, un producteur, des acteurs, etc. La notion de « development hell » reste souvent convoquée, faisant apparaître la problématique des droits de propriété.

Chaque notice de « film que vous ne verrez jamais » est découpée en sous-chapitres : ouverture, flashback, action !, coupez. Si l’on compare Les 50 meilleurs films que vous ne verrez jamais à Les Plus grands films que vous ne verrez jamais de Simon Braund, on peut être un peu déçu par le manque de détails de la partie « coupez » et la longueur des « flashback ». En effet, le flashback revenant sur la carrière du réalisateur avant qu’il ne s’attaque au film en question, il est beaucoup plus simple de se pencher sur une histoire fixée que sur les multiples raisons, parfois obscures, qui ont fait capoter un projet. Reste que les films choisis par les deux ouvrages ne se recoupent pas : cette complémentarité permettra de se constituer une dvdthèque idéale de films hypothétiques.

A propos du projet The Diary of Jack the Ripper de William Friedkin :

« Ce n’est pas la question de l’authenticité du journal qui sonnera le glas de The Diary of Jack the Ripper, mais plutôt la mise en chantier d’un autre films sur le même sujet par un autre studio, basé sur la bande dessinée d’Alan Moore et Eddie Campbell, From Hell.
From Hell sort en 2001, et pousse son rival dans les marécages du développement. Ce qui aurait pu être un des films les plus effrayants depuis des années (et l’occasion pour Friedkin de s’illustre à nouveau dans le genre) est devenu une autre œuvre irréalisée. En 2003, le réalisateur se disait encore confiant quant à la possibilité de mener le projet à bien, mais depuis, il semble bien que ce film mort-né ait rejoint les autres victimes de Whitechapel. »

Les 50 meilleurs films que vous ne verrez jamais, Joshua Hull, éditions Huginn & Muninn, 256 pages, 24,95 €

Les collections du musée Guimet en 3D
« Ainsi la bagarre » : Déambulation loufoque dans un univers kafkaïen
Julien Coquet

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Toute La Culture