Musique

Yasmin Levy le 6 février à l’Alhambra

09 janvier 2010 | PAR Mikaël Faujour

Chanteuse intense et revendiquant la tradition judéo-espagnole en chantant en ladino, l’Israélienne Yasmin Levy sera sur la scène de l’Alhambra le 6 février, pour y chanter notamment les chansons de son dernier album, Sentir (lequel comporte notamment une surprenante reprise en ladino du « Hallelujah » de Leonard Cohen), sorti en octobre 2009.

Israël est plus connu pour sa tumultueuse histoire et les conflits à répétition que pour sa scène musicale. Hormis quelques rares artistes (des black metalleux de Melechesh au brillant groupe de trance goa Astral Projection, en passant bien sûr par les incontournables Keren Ann et Yael Naim, cette dernière ayant réussi l’exploit d’être populaire en France en chantant en hébreu), la diversité des musiques d’Israël est assez méconnue. Le pays est pourtant, par son histoire, sa géographie, le réceptacle d’héritages pluriels. Et de ceci atteste singulièrement la musique de Yasmin Levy.

Yasmin Levy chante avec une ferveur qui fait mouche immédiatement. Il suffit d’écouter le bouleversant « La Alegria » (« La joie », titre singulier eu égard à sa tonalité dramatique – voir ci-dessous) pour être chaviré par cette voix intense. Toute Israélienne soit-elle, Yasmin Levy chante en ladino, langue des Judéo-espagnols elle-même réceptacle de l’histoire tourmentée des sépharades d’Espagne et de leurs errances, langue héritière de plusieurs langues méditerranéennes et langue aujourd’hui menacée d’extinction…

Dans ses moments sublimes, la chanteuse atteint à l’intensité d’une grande flamenquista, avec ce pathos grandiose et fier qui rappelle en effet le flamenco. Mais sa musique, tantôt tourmentée et tantôt hypnotique, est le fruit d’un métissage, où se croisent le flamenco, les percussions et les cordes orientales, des orchestrations amples, des arabesques du chant et, plus occasionnellement, des touches de jazz…

En même temps qu’il dit l’attachement à une culture ladino menacée d’extinction (culture qu’a beaucoup promu son père Yitzhak Levy), son art est aussi ouverture et échange – ou la démonstration que la quête d’identité n’est pas forcément un cloisonnement.

Même si elle n’a que 35 ans et 4 albums à son actif, Yasmin Levy a dans la voix cette force d’âme brûlante et cette douleur altière qui rappellent les meilleures chanteuses ibériques. Difficile de lui prédire prématurément une carrière à la Amália Rodrigues ou à la Niña de los Peines, mais il s’agit assurément d’une des grandes voix actuelles de ce que les Français nomment si vilainement la « world music ».


Yasmin Levy à L’Alhambra

21, rue Yves Toudic, Xe arrondissement
6 février 2010, 29€

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Mikaël Faujour

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