Musique
Sylvie Vartan a Vingt ans au théâtre du Châtelet

Sylvie Vartan a Vingt ans au théâtre du Châtelet

02 octobre 2011 | PAR Bérénice Clerc

Pour 3 concerts à Paris, Sylvie Vartan s’offre le splendide théâtre du Châtelet et parcourt

Un samedi soir de Nuit blanche, le théâtre du Châtelet, ses fauteuils rouges sang au velours accueillant, son immense lustre de cristal et la dorure de ses balcons, l’âme de Luis Mariano ou de Barbara flottant aux quatre coins, ouvre ses bras à Sylvie Vartan.

L’orchestre, la corbeille et les balcons sont plein à craquer, des groupes d’amis, des fans dans l’attente de voir leur idole, des couples…La joie est palpable, ils sont là pour prendre de l’énergie, oublier leur soucis et retrouver le bon temps des yéyés. Les cris de la foule sont les mêmes, malgré quelques rides accrochées au coin des yeux, le public de Sylvie Vartan semble avoir toujours 15 ans.

Ils l’appellent, hurlent son prénom, puis le rideau s’ouvre, des musiciens, une violoniste fait chanter ses cordes grâce aux notes de la Maritza et les lumières rayonnent.

Comme toute bonne artiste avec un réel sens du show, Sylvie Vartan soigne ses entrées, soigne ses sorties et au milieu fait très bien son métier. Une note en suspension, un voile se lève au fond de la salle, Sylvie Vartan, de diamants vêtus apparaît telle un icône de Soasig Chamaillard, les bras levés. Les spectateurs sont suspendus à ses lèvres, elle avance le sourire aux lèvres, le cheveux plus court et chante avec ses musiciens.

A chaque fin de chanson la foule est en délire, elle hurle son amour pour la chanteuse. Sylvie Vartan fait le show, mais une simplicité se dégage d’elle, sa fragilité et son humanité sont palpables. Quand elle s’adresse à son public une vraie sincérité apparaît quand certain chanteur laisse place à un personnage aux mots bien étudiés.

Le concert est fluide, rythmé par les musiciens, quelques mots ou quelques remerciements de la chanteuse. Si une chanson ancienne ou plus connue commence, à la deuxième note le public hurle plus fort et s’élance vers l’avant scène. Quelques reprises, « Ne me quitte pas » de Brel, « Mon enfance » de l’extraordinaire Barbara ou « Et maintenant » de Gilbert Bécaud. Sylvie Vartan, s’amuse, sa moue est intacte, son doigt toujours en avant ou au rythme de la musique et un rire mutin ponctue ses phrases. Comme le dit la chanson sur laquelle elle clôture sa première partie, maintenant la chanteuse à vingt ans.

Un entracte de trente minutes, des spectateurs, heureux, sur le balcon du quatrième où Paris apparaît toujours brillante et lumineuse au son des coupes de champagne.

Le public est de retour dans la salle, heureux, encore plus enthousiaste qu’au début, il scande SyllllViiiiiiieeeeee, Sylvieeeeeeeee, Syllllllvieeeeeeeee. Un rythme de batterie, des musiciens callés, le rideau se lève et Sylvie Vartan est « La plus belle pour aller danser ». Un tailleur noir, des semelles rouges, l’élégance féminine et le talent de trouver encore comment chanter cette chanson au public alors qu’elle la chante depuis cinquante ans. Sylvie Vartan a encore plus d’énergie, elle virevolte, danse, rit, parle avec joie et tisse la toile de sa carrière aux multiples succès. La Maritza, Nicolas, l’Amour c’est comme une cigarette, tout y est, le public est devant, tend les bras, danse, rêve un instant de frôler la main de celle qui les fait tant vibrer. Personne ne répond cependant à cette question posée par Sylvie depuis tant d’année :

« Qu’est-ce qui fait pleurer les blondes ? »

La salle est en transe, les rappels se multiplient, telle une prêtresse Sylvie leur parle, les remercie de l’aimer et de garder cette amitié intacte malgré les années. Elle a la chance d’être au théâtre du Châtelet, d’avoir un public passionné et de pourvoir garder une telle énergie artistique.

« Quand on a que l’amour » clôture le spectacle, Sylvie Vartan disparaît derrière le rideau, mais les rappels sont tels, qu’elle revient pour parler un peu et dire qu’après cette chanson tout est dit et qu’il serait donc vain de vouloir en chanter une autre.

Le rideau retombe sur sa silhouette de « showgirl », les spectateurs ont compris, ils partent le cœur léger en gardant, espérons-le une bonne part de cette énergie positive du music hall pour retrouver leur vie et leur travail avec légèreté et enthousiasme. Rendre heureux et alléger le poids de la vie, n’est-ce pas le rôle de la musique et des artistes dans une société ?

 

 

 

 

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Bérénice Clerc
Comédienne, cantatrice et auteure des « Recettes Beauté » (YB ÉDITIONS), spécialisée en art contemporain, chanson française et musique classique.

One thought on “Sylvie Vartan a Vingt ans au théâtre du Châtelet”

Commentaire(s)

  • palatin

    Sublime elle nous enchante de sa voix de sa moue legendaire sa blondeur son visage n’ont point perdu de son éclat la chanteuse devenue icône est toujours La plus belle pour aller danser. Magnifique robe lamée qui se fond avec la couleur de sa peau, d’une élégance rare de nos jours Madame Sylvie Vartan nous enchante depuis ses débuts. Talentueuse, innovatrice avec des shows à couper le souffle dans les années soixante dix la Madona ou Lady Gaga bien avant l’heure. Madame Sylvie Vartan merci pour ces deux récitals au Châtelet, merci pour le bonheur que vous nous offrez, merci pour votre discrétion et simplicité C’est cela une veritable star

    octobre 2, 2011 at 11 h 43 min

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