Musique

Trabendo : Liberté totale pour Thomas Azier

Trabendo : Liberté totale pour Thomas Azier

27 octobre 2019 | PAR Clara Bismuth

Une fois de plus, le Trabendo fait des surprises et des heureux ! Et pour cause, le talentueux nordique Thomas Azier offrait un grand moment de scène, ce mercredi 23 Octobre.

Rares sont les fois où je suis ressortie dépourvu d’extase des programmations de cette fameuse salle du Parc de la Villette. Une grande claque en 2018 avec Steeve Earle, suivie d’une hystérie totale provoquée par Denzel Curry ou encore d’un pur moment de hip-hop sur les hits de Talib Kweli, décidément, on reste sur un sans faute. Pourtant, je ne pouvais garantir à 100% l’effet de ce dernier concert.

Le nom de Thomas Azier me semblait familier, mais je n’avais à vrai dire jamais porté une grande attention à ses créations. Une erreur certes, que l’artiste m’a fait comprendre.

C’est avant tout des notes délicates et sensuelles qui viennent introduire ce futur chamboulement. Schérazade, une jeune chanteuse à la voix tantôt suave, tantôt lyrique, séduit le public de ses textes romantiques. Peu connue encore des scènes parisiennes, cette artiste originaire de Béziers cache pourtant un beau potentiel, (qui n’a d’ailleurs pas échappé à tous, puis qu’elle est à l’origine de la composition d’Ave Cesaria avec Stromae). Ce soir, elle présente un univers bien à elle, à la fois solaire et lunaire, une sorte de métissage idéal. Schérazade se prélasse dans les ondulations. D’une part grâce à sa voix hypnotisante qui évoque le mythe des sirènes, mais aussi via les positions presque érotiques de son corps, qui s’accompagnent d’un subtil jeu d’ombre. Un peu d’onirisme pour nous présenter son premier EP, « Crise Humaine », à mi-chemin entre une pop 80’s et une chanson française aux allures de nouvelle vague, qui vous trotte facilement dans la tête.

Une transition parfaite pour l’artiste Néerlandais, qui touche à la musique depuis ses 19 ans. La scène, il la connait et ça se sent. Il aime le contact avec le public, l’adrénaline procuré par le live. Ou du moins, il s’exécute avec perfection dans son art, comme un comédien qui monterai pour la dernière fois sur les planches. Sur ses trois albums, qui confirment une carrière appliquée, il est facile de percevoir l’investissement et le renouvellement de sa fibre créatrice. Des beats brutes et électro sur son premier disque Hylas, en passant par une recherche plus acoustique via Rouge, Azier confirme une certaine maturité avec Stray dans ce joli triptyque. Mais la surprise se fait très clairement dans le passage du studio au live. Si ses créations transpirent d’une belle énergie une fois le casque sur les oreilles, c’est un tout autre monde qui voit le jour sur scène. Pas de plats et de rythmes linéaires. Dans une tension exponentielle, résonnent les premières notes de « Smoke » et voilà Azier et ses trois acolytes qui se déchainent avec Hymn, Vertigo puis Echos. Un échauffement superbe avant de lâcher les chevaux sur White Horses. A 32 ans, il semble enfin confiant et solide, cherchant à s’affranchir de ses premiers hits comme Red Eyes ou Angelene.

Plus d’une heure de concert, durant laquelle Azier se confie au public avec intimité. Un moment de pudeur sublime qui marque les esprits et nous fait prendre conscience de la virtuosité de ce nouvel homme.

©2019 Hylas Records Page album Raven On The First Floor

Christian Maugein : « Les Primeurs de Massy sont caractérisés par la fougue, la nouveauté et la passion de la jeunesse »
Du crowdfunding pour sauver les photos d’Emile Zola
Clara Bismuth
Rédactrice pour le magazine Toute La Culture depuis mars 2018, principalement dans les rubriques Musique et Cinéma.

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *